Doctrine fasciste: un livre sobre les fondements doctrinaux du fascismo mussolinien:
La Vraie nature du fascisme italien
Lucien Jaume
(Paris: Tallandier, 2026, 320 p., 22,90 €.)
Contre des idées reçues persistantes, Lucien Jaume entend démontrer que Mussolini et le fascisme se sont dotés d’un cadre doctrinal, étayé par une vision du monde originale. L’auteur corrige d’abord le portrait de la « brute inculte ». Le Duce, qui parlait l’allemand, l’anglais, le français et le latin, a nourri son action par de vastes lectures. Nietzsche, William James, Georges Sorel, Gustave Le Bon ont inspiré sa pensée antidémocratique, l’idée du corporatisme, le mythe du surhomme, mais aussi le pragmatisme politique, tandis que Marinetti a renforcé en lui l’idée de la violence créatrice et la sacralisation de la guerre. C’est avec le philosophe Giovanni Gentile qu’il formula en 1932 les principes de La Doctrine du fascisme.
L’auteur en montre l’évolution depuis la prise du pouvoir jusqu’à la République de Salo. Il expose sa rivalité avec l’Église catholique. Il analyse l’antisémitisme d’État devenu officiel en 1938. L’exaltation de la guerre, de la conquête et de l’empire, le volontarisme d’un État qui entend diriger la vie économique, la construction d’une société sur la base d’un homme nouveau débarrassé des normes bourgeoises et des limites imposées par le droit, destiné à la vie héroïque : toutes ces idées doivent être inculquées aux masses par de nombreuses institutions, l’école, les académies, les mouvements de jeunesse, le culte de la personnalité, le contrôle des médias, le parti unique. Plus qu’une simple dictature, le fascisme de Mussolini a voulu être une « révolution par le haut ». Si le mot, usé, galvaudé, a été banalisé, désignant la variété des systèmes autoritaires, un certain nombre de tendances de fond du fascisme historique sont observables aujourd’hui.
