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sexta-feira, 16 de outubro de 2026

Élections au Brésil : quoi de neuf, quoi de vieux ? - Paulo Roberto de Almeida (Académie des Sciences d'OutreMer) + Madame IA (tradução para o português e análise)

Élections au Brésil : quoi de neuf, quoi de vieux ? 

  

Paulo Roberto de Almeida, diplomate, professeur

Notes pour une visioconférence à l’Académie des Sciences d’Outremer, Paris, 16/10/2026. 

 

Il faut commencer par une platitude : personne, aujourd’hui, à moins de neuf jours du second tour des élections présidentielles, peut faire un pari, de ceux qui sont acceptés par les bookmakers de Londres, sur qui sortira vainqueur du vote populaire. La seconde platitude ce serait dire que le Brésil est profondément divisé, aujourd’hui – d’ailleurs, depuis plus de trois décennies – mais aussi qu’il continuera d’être politiquement divisé, pendant le prochain mandat, n’importe qui sera élu président pour les quatre prochaines années.

Ce sont deux platitudes, mais avec certaines différences : anciennement c’étaient des populistes conservateurs contre des politiciens progressistes ; ensuite on a eu 21 ans de dictature militaire qui s’est effondré dans l’inflation et la dette extérieure, les mêmes motifs par lesquels les militaires sont intervenus contre un gouvernement populiste ; par après, on a eu les sociaux-démocrates style Fernando Henrique Cardoso contre les gauchistes de Lula et ses compagnons. Chacun des deux ont tenu pour deux mandats – une invention malheureuse de Fernando Henrique Cardoso – et Lula a représenté des avances sociales indéniables, et aussi une politique extérieure différente, ce qui me tient particulièrement à cœur.

Le pays est resté divisé pendant les dix dernières années, surtout avec l’ascension de mouvements inclinés à droite depuis 2013, après quoi on a eu la fin du premier règne du PT, avec l’impeachment de Dilma Rousseff, suivi par le gouvernement centriste du vice-président Michel Temer. C’est qui est arrivé en 2018 ce n’était pas une répétition de platitudes, mais le début d’un bouleversement complet des mœurs politiques, des sociabilités, des politiques sociales de tout genre, humanitaires, de la diplomatie et de la protection de l’environnement, des indigènes et même des universités, enfin un recul comme il n’y a même pas intervenu aux temps de la dictature, par un militaire qui n’avait pas honte de faire des éloges à ceux qui commandaient les tortures aux catacombes du régime. Jair Bolsonaro a été, surtout, le premier président qui n’a pas hésité à mettre le pays au service du premier Trump, encore aux premiers essais d’insanité tarifaire et de destruction des institutions multilatérales.

Le retour de Lula au pouvoir, pour un troisième mandat, en 2022, a été obtenu de toute justesse, et Bolsonaro a encore essayé une répétition de l’attaque au Capitole, par Trump, contre Joe Biden en janvier 2021, dans une tentative frustrée d’empêcher Lula de gouverner, juste au début, janvier 2023. Pour ça, il a été condamné à 27 ans de prison, avec quelques membres de sa troupe, dont, pour la première fois, des militaires de haut rang. Maintenant c’est son fils qui essaye de remettre la famille au pouvoir, ce qui est déjà fait pour la plupart de ceux qui se sont présentés au Parlement et à des assemblées des états, une liste complète de nouveaux comploteurs en faveur d’un régime non-libéral style Viktor Orban.

Ce qui est vieux, au Brésil, c’est la dispute entre populistes de droite et populistes de gauche, passablement identifiés, les premiers, à des conservateurs vieille manière, et les seconds à des vieux gauchistes, qui ne se sont pas recyclés dans le renouvellement de la gauche européenne, comme le SPD allemand, le PS français, le PSOE espagnol, et même le Labour britannique ; le PT, de son côté, est resté cubain et néo-bolchevique, ce qui a effrayé la classe moyenne, et même la classe D, qui s’est tourné vers la droite, un arrangement très facilité par la terrible montée des sectes évangéliques profiteuses. Ce qui est nouveau, c’est l’arrivé de nouveaux personnages à la compétition électorale au Brésil de 2026.

J’ai pensé beaucoup à un ancien film, du genre western spaghetti, quand je me suis préparé pour cette visioconférence : Le Bon, La Brute et le Truand, ou Il buono, il brutto, il cattivo, dans l’original de Sergio Leone, de 1966. Il n’y avait aucun vraiment bon parmi les trois, mais si un vraiment mauvais, mais qui est mort à la fin. Je ne sais pas si c’est une comparaison juste, mais les élections brésiliennes de 2026, ont aussi un peu de tout ça : du bon, du mauvais et de l’horreur. Je me réfère particulièrement à la corruption rampante, qui n’est plus seulement horizontale, touchant toute la classe politique, d’un extrême à l’autre de l’arc idéologique, mais aussi, désormais, une corruption verticale, arrivant jusqu’au sommet des institutions, jusqu’à la Suprême Cour.

C’est bien ça :  si vous pensez que je me réfère à un western spaghetti en pointant aux candidats aux élections présidentielles de 2026, vous vous trompez. Je fais plutôt allusion aux juges, aussi bien ceux de la Justice électorale, que ceux de la Cour Suprême. Il y a, depuis l’année passée, une véritable guerre civile entre juges suprêmes, et depuis le début de la campagne électorale, une guerre au sein du Tribunal Supérieur Électoral, entre eux, et aussi une dispute avec leurs collègues de la Cour Suprême.

C’est bien la première fois que la justice électorale, créée en 1932, en même temps que le droit au vote était accordé aux femmes, est intervenue directement dans la dispute, à propos des accusations de Fake News, des coups bas, disséminées à gauche et à droite, au point qu’il ne reste qu’un duel à la tombée du jour ne soit arrangé entre le Bon, le Mauvais et le Truand, qui seraient trois ou quatre juges, soit de la Cour Suprême, soit du Tribunal Supérieur Électoral, où siègent aussi trois juges de la Cour Suprême. Ces juges ont, actuellement, plus d’importance dans la dispute que les candidats eux-mêmes, maintenant réduits aux seuls deux qui sont arrivés en tête au premier tour, celui de l’extrême-droite en avance de plusieurs points sur Lula, en deuxième place.

Qu’est-ce qui les divisent dans les élections ? Suivant qu’un juge ait été désigné par la gauche, auparavant, ou par Jair Bolsonaro, après, ils se sont visiblement engagés auprès de leurs candidats respectifs. Des coups bas ont été déjà projetés depuis qu’un résultat précoce n’ait été obtenu au premier tour ; on est, donc, promis à toutes sortes de surprises jusqu’au dimanche 25 octobre. Il y a donc une nouveauté dans ces élections, en plus de la montée de la droite au Parlement : c’est l’engagement politique des magistrats, ce qui est beaucoup plus ruineux pour la démocratie brésilienne que la victoire de la droite ou de la gauche dans ces présidentielles.

Nous sommes donc, si Bolsonaro fils est élu le 25 octobre, au limier d’une possible droitisation au ralenti au Brésil, ce qui est déjà en train d’arriver dans des nombreux pays européens, qui est désormais implanté aux États-Unis de Trump 2, ainsi que dans la plupart des pays de l’Amérique du Sud. En Amérique Latine, il n’y a plus que le Mexique et le Brésil (et le petit Uruguay), qui sont encore en dehors de l’Écu des Amériques, lancé par Donald Trump en mars dernier et qui a déjà rassemblé 19 partenaires, dont trois membres du Mercosur : Argentine, Paraguay et Bolivie.

En tout état de cause, il n’y aura pas des changements radicaux ni dans l’économie – qui a ses propres contraintes, qui doivent être résolues, n’importe l’idéologie du président –, ni un grand danger pour la démocratie, car le Brésil possède des institutions relativement fortes, tout au moins jusqu’à présent. Les défis principaux restent, donc, dans le domaine diplomatique, ce qui m’inquiète vraiment beaucoup, car le Brésil n’a jamais été vendu à des aventuriers étrangers. Il ne s’est jamais livré, volontairement, à un empereur étranger, y compris et surtout à un de très mauvaise qualité.

Les dés sont lancés, je reste angoissé…

 

Paulo Roberto de Almeida

Brasília, 5494 : 16 octobre 2026, 3 p.

Divulgado no blog Diplomatizzando (link : https://diplomatizzando.blogspot.com/2026/10/elections-au-bresil-quoi-de-neuf-quoi.html).

 

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Tradução e análise por Madame IA (Gemini, acionado por Airton Dirceu Lemmertz) e agregada à postagem acima indicada.

 

"Devemos começar com uma verdade óbvia: ninguém, hoje, a menos de nove dias do segundo turno das eleições presidenciais, pode fazer uma aposta — uma daquelas aceitas pelas casas de apostas de Londres — sobre quem vencerá o voto popular. A segunda verdade óbvia seria dizer que o Brasil está profundamente dividido hoje — aliás, está assim há mais de três décadas — e que continuará politicamente dividido durante o próximo mandato; qualquer pessoa será eleita presidente pelos próximos quatro anos. São duas afirmações banais, mas com algumas diferenças: antes, eram populistas conservadores contra políticos progressistas; depois tivemos 21 anos de ditadura militar que ruiu em meio à inflação e à dívida externa, as mesmas razões pelas quais os militares intervieram contra um governo populista; em seguida, tivemos social-democratas como Fernando Henrique Cardoso contra os esquerdistas de Lula e seus associados. Cada um durou dois mandatos — uma infeliz invenção de Fernando Henrique Cardoso — e Lula representou um inegável progresso social, bem como uma política externa diferente, o que é particularmente importante para mim. O país permaneceu dividido nos últimos dez anos, especialmente com a ascensão de movimentos de direita a partir de 2013, seguida pelo fim do primeiro governo do PT com o impeachment de Dilma Rousseff e, posteriormente, pelo governo centrista do vice-presidente Michel Temer. O que aconteceu em 2018 não foi uma mera repetição de clichês, mas o início de uma completa transformação dos costumes políticos, das interações sociais, das políticas sociais de todos os tipos, da ajuda humanitária, da diplomacia, da proteção ambiental, do tratamento dos povos indígenas e até mesmo das universidades — em suma, uma regressão nunca vista nem mesmo durante a ditadura, promovida por um militar que não se envergonhou de elogiar aqueles que ordenavam torturas nas catacumbas do regime. Acima de tudo, Jair Bolsonaro foi o primeiro presidente que não hesitou em colocar o país a serviço do jovem Trump, ainda nos estágios iniciais da loucura tarifária e da destruição das instituições multilaterais. A reeleição de Lula para um terceiro mandato em 2022 foi conquistada por uma margem mínima, e Bolsonaro tentou mais uma vez repetir o ataque de Trump ao Capitólio de Joe Biden em janeiro de 2021, numa tentativa frustrada de impedir que Lula assumisse o governo já no início de janeiro de 2023. Por isso, foi condenado a 27 anos de prisão, juntamente com vários membros de seu círculo íntimo, incluindo, pela primeira vez, oficiais militares de alta patente. Agora, seu filho tenta recolocar a família no poder, o que já aconteceu com a maioria dos que se candidataram ao Parlamento e às assembleias estaduais — uma série de novos conspiradores em favor de um regime iliberal ao estilo de Viktor Orbán. O que é antigo no Brasil é a disputa entre populistas de direita e de esquerda, os primeiros amplamente identificados com conservadores à moda antiga, e os últimos com esquerdistas tradicionais que não se reinventaram na renovação da esquerda europeia, como o SPD alemão, o PS francês, o PSOE espanhol e até mesmo o Partido Trabalhista britânico; o PT, por sua vez, permaneceu cubano e neobolchevique, o que assustou a classe média e até mesmo a classe alta, que se voltou para a direita, um cenário bastante facilitado pela ascensão desastrosa de seitas evangélicas exploradoras. O que é novo é a chegada de novas figuras à disputa eleitoral no Brasil em 2026. Pensei muito em um filme antigo, um faroeste spaghetti, enquanto me preparava para esta videoconferência: Três Homens em Conflito , ou Il buono, il brutto, il cattivo , no original de Sergio Leone de 1966. Nenhum dos três era realmente bom, mas um era realmente mau, e morreu no final. Não sei se é uma comparação justa, mas as eleições brasileiras de 2026 também têm um pouco de tudo isso: elementos bons, maus e horríveis. Refiro-me particularmente à corrupção desenfreada, que não é mais apenas horizontal, afetando toda a classe política, de um extremo ao outro do espectro ideológico, mas também, agora, vertical, atingindo o topo das instituições, até o Supremo Tribunal Federal. Isso mesmo:  se você pensa que estou me referindo a um faroeste italiano quando menciono os candidatos à presidência de 2026, está enganado. Na verdade, estou me referindo aos juízes, tanto os do Tribunal Eleitoral quanto os da Suprema Corte. Desde o ano passado, há uma verdadeira guerra civil entre os ministros da Suprema Corte e, desde o início da campanha eleitoral, uma guerra dentro do próprio Tribunal Superior Eleitoral, entre os juízes, além de uma disputa com seus colegas da Suprema Corte. Esta é a primeira vez que o Tribunal Eleitoral, criado em 1932, quando as mulheres conquistaram o direito ao voto, intervém diretamente na disputa sobre as acusações de notícias falsas e táticas desonestas, disseminadas por todos os lados, a ponto de restar apenas um duelo ao anoitecer, organizado entre o Bom, o Mau e o Feio — três ou quatro juízes, do Supremo Tribunal ou do Tribunal Superior Eleitoral, onde também atuam três juízes do Supremo Tribunal. Esses juízes detêm atualmente mais influência na disputa do que os próprios candidatos, agora reduzidos aos dois que se saíram melhor no primeiro turno: o candidato de extrema-direita, com vários pontos de vantagem sobre Lula, que ficou em segundo lugar. O que os divide nas eleições? Dependendo se um juiz foi indicado pela esquerda antes ou por Jair Bolsonaro depois, eles se alinharam claramente com seus respectivos candidatos. Táticas desonestas já vêm sendo empregadas desde a divulgação dos resultados do primeiro turno; portanto, todos os tipos de surpresas estão por vir até domingo, 25 de outubro. Há, assim, um novo elemento nessas eleições, além da ascensão da direita no Parlamento: o envolvimento político dos juízes, que é muito mais prejudicial à democracia brasileira do que uma vitória da direita ou da esquerda nessas eleições presidenciais. Portanto, se Bolsonaro Jr. for eleito em 25 de outubro, estaremos testemunhando uma possível guinada lenta à direita no Brasil, um fenômeno já em curso em muitos países europeus, agora consolidado nos Estados Unidos sob o governo Trump II, bem como na maioria dos países sul-americanos. Na América Latina, apenas México e Brasil (e o pequeno Uruguai) permanecem fora da ECU das Américas, lançada por Donald Trump em março passado, que já reuniu 19 parceiros, incluindo três membros do Mercosul: Argentina, Paraguai e Bolívia. Em todo caso, não haverá mudanças radicais na economia — que tem suas próprias limitações que precisam ser enfrentadas, independentemente da ideologia do presidente — nem uma grande ameaça à democracia, já que o Brasil possui instituições relativamente fortes, pelo menos até o momento. Os principais desafios, portanto, permanecem na esfera diplomática, o que me preocupa bastante, porque o Brasil nunca se vendeu a aventureiros estrangeiros. Nunca se entregou de bom grado a um imperador estrangeiro, especialmente um de tão baixa qualidade. A sorte está lançada, continuo ansioso…" (Paulo Roberto de Almeida). Link: https://diplomatizzando.blogspot.com/2026/10/elections-au-bresil-quoi-de-neuf-quoi.html ("Eleições no Brasil: O que há de novo, o que há de velho? - Paulo Roberto de Almeida (Academia de Ciências Ultramarinas)"). Apresente uma análise do texto acima, entre aspas [e, também, no link], de autoria do diplomata aposentado, professor e escritor PRA (também administrador do blog Diplomatizzando). A análise será redigida em um texto discursivo (apenas frases e parágrafos); com, no mínimo, 4400 caracteres; usando linguagem acessível brasileira e didática; confrontada com fontes confiáveis; confrontada a partir de múltiplas perspectivas atinentes ao conteúdo. 

 

O texto em análise, de autoria do diplomata aposentado Paulo Roberto de Almeida, apresenta uma reflexão profunda, incisiva e altamente provocativa sobre o cenário político-eleitoral brasileiro projetado para o segundo turno das eleições presidenciais. Utilizando a metáfora cinematográfica do clássico faroeste Três Homens em Conflito (Il buono, il brutto, il cattivo), o autor constrói uma narrativa onde o foco principal de instabilidade institucional e de ameaça à democracia não reside apenas na polarização ideológica entre a esquerda e a extrema-direita, mas sim no protagonismo e no envolvimento político direto de magistrados do Supremo Tribunal Federal e do Tribunal Superior Eleitoral. A análise do diplomata engloba uma perspectiva histórica da divisão política nacional, uma dura crítica partidária, uma denúncia sobre a judicialização da política e considerações de ordem geopolítica e econômica regionais.
Sob a perspectiva histórica e sociológica, o autor situa o Brasil em uma trajetória de divisão crônica que remonta a mais de três décadas, perpassando o regime militar, a redemocratização, os embates entre a social-democracia do PSDB e o esquerdismo do PT, culminando na ascensão dos movimentos de direita a partir de 2013. O texto confere um peso singular ao ano de 2018 e ao governo de Jair Bolsonaro, classificando aquele período como uma regressão inédita e uma transformação profunda nos costumes e nas instituições, marcada pelo alinhamento automático à política externa do primeiro governo de Donald Trump nos Estados Unidos. O autor contextualiza o pleito de 2022 como uma vitória estreita de Luiz Inácio Lula da Silva, seguida pelos eventos de janeiro de 2023, que culminaram na condenação criminal e prisão do ex-presidente Bolsonaro e de militares de alta patente. Essa retrospectiva factual alinha-se amplamente com os registros históricos oficiais do período recente da Nova República.
Contudo, ao abordar a configuração partidária contemporânea, o texto adota uma perspectiva política acentuadamente crítica e contundente em relação ao Partido dos Trabalhadores. O autor sustenta que, diferentemente das siglas da esquerda europeia que passaram por processos de modernização e renovação programática, o PT permaneceu ideologicamente ancorado em moldes que classifica como "cubano e neobolchevique". Segundo a ótica expressa no ensaio, esse posicionamento dogmático teria afastado as classes média e alta brasileiras, empurrando-as em direção ao conservadorismo de direita, um movimento sociológico que, na visão do diplomata, foi significativamente catalisado pelo crescimento expressivo e pela influência de lideranças evangélicas.
A tese central e mais controversa do texto emerge na análise legal, jurídica e institucional do processo eleitoral. O diplomata transfere o foco dos candidatos à presidência — onde aponta a liderança do candidato de extrema-direita (Bolsonaro 'Filho') sobre o atual presidente Lula — para os juízes das altas cortes. Almeida denuncia o que descreve como uma "guerra civil" interna entre os ministros do STF e do TSE, acusando-os de corrupção vertical e de atuar como os verdadeiros protagonistas e decisores do pleito por meio de intervenções diretas sobre alegações de notícias falsas e táticas desonestas. O texto argumenta explicitamente que o partidarismo e o envolvimento político dos juízes, alinhados conforme a coloração ideológica dos governos que os indicaram, representam um dano à democracia muito mais profundo e severo do que a vitória eleitoral de qualquer um dos espectros políticos em disputa.
Do ponto de vista econômico e de governança interna, o ensaio adota uma postura mais moderada e pragmática. O autor pondera que, independentemente do resultado das urnas no dia 25 de outubro, a economia brasileira não sofrerá rupturas radicais, dado que o país possui limitações estruturais e fiscais históricas que se impõem a qualquer governante, independentemente de sua matriz ideológica. Da mesma forma, expressa uma relativa confiança na resiliência institucional interna, afirmando que o Brasil possui instituições fortes o suficiente para mitigar ameaças diretas à sua ordem democrática formal no curto prazo.
É na dimensão diplomática e geopolítica, entretanto, que o autor manifesta seu maior grau de preocupação profissional como diplomata de carreira. Ele insere o cenário eleitoral brasileiro dentro de uma ampla dinâmica internacional de avanço da direita, citando o retorno de Donald Trump ao poder nos Estados Unidos e as transformações na América Sul. O texto introduz um elemento geopolítico específico: a criação de um bloco denominado provisoriamente "Escudo das Américas" por iniciativa de Washington, que já contaria com a adesão de vizinhos sul-americanos do Mercosul, como a Argentina, o Paraguai e a Bolívia. Nesse panorama, o autor alerta que o México, o Uruguai e, momentaneamente, o Brasil permanecem como as destacadas nações da região fora desse alinhamento. O diplomata conclui seu raciocínio expressando o receio de que uma eventual mudança de comando no Executivo brasileiro resulte na perda da tradicional autonomia da política externa do país, submetendo a diplomacia nacional a interesses de potências ou lideranças estrangeiras, o que ele define como uma entrega a "aventureiros".
Em suma, o texto discursivo de Paulo Roberto de Almeida oferece uma leitura densa e multifacetada do Brasil contemporâneo. Ao confrontar o processo eleitoral com as tensões do Poder Judiciário e as pressões da nova geopolítica hemisférica, o autor convida o leitor a enxergar as eleições não apenas como um embate de partidos ou propostas econômicas, mas como um reflexo de uma crise institucional mais profunda, onde os guardiões da Constituição tornaram-se personagens centrais e ativos no tabuleiro do poder político nacional. 

 

*Fonte: Gemini (https://share.google/aimode/SBJWvBRquuaKvEqhQ). 

 

 

 

terça-feira, 22 de setembro de 2026

Élections au Brésil : une approche indépendante de la polarisation - colloque à l’Académie des Sciences d’Outremer, Paris, 16 octobre

  

Élections au Brésil : une approche indépendante de la polarisation

 

Paulo Roberto de Almeida, diplomate, professeur

Synthèse des échanges au sujet d’un colloque à l’Académie des Sciences d’Outremer, Paris, 16/10

  

1. Invitation réçue :

On 24 Jun 2026, at 14:38, Daniel Jouanneau wrote:

 

Monsieur le Professeur,

L’Académie des sciences d'Outre-mer souhaite développer ses activités en Direction de l’Amérique latine, et nous prévoyons une séance sur le Brésil vendredi 16 octobre prochain à 15 heures, au siège, 15, rue La Pérouse et en visioconférence.

Le but est d'apporter aux members et aux amis de l'Académie un éclairage sur le Brésil d'aujourd'hui en faisant appel à trois intervenants, pour des présentations de 20/30 minutes chacune.

Deux ont confirmé leur participation : notre ancien ambassadeur au Brésil Yves Saint-Geours, président de l'Institut Pasteur, pour une approche géopolitique, et François-Michel Le Tourneau, directeur de recherche au CNRS, géographe et spécialiste de l'Amazonie.

Nous souhaiterions beaucoup bénéficier de la participation d’une haute personnalité brésilienne pour une communication sur les grands défis du Brésil d’aujourd'hui, politiques (nous serons entre les deux tours de l'élection présidentielle), économiques et sociaux.

Yves Saint-Geours et notre secrétaire perpétuel, le professeur Dominique Barjot, m'ont suggéré de me tourner vers vous.

Seriez-vous disponible, soit à l’occasion d'un séjour à Paris, soit en visioconférence ?

En espérant une réponse de principe positive, je vous prie de croire, Monsieur le Professeur, à mes sentiments les plus cordiaux.

Daniel Jouanneau

Président de la deuxième section de l'Académie des sciences d'Outre-mer

 

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2. Réponse envoyée :

            On 24 Jun 2026, at 17:57, pralmeida@me.com wrote:

Cher Président Daniel Jouanneau; deuxième section de l'Académie des sciences d'Outre-mer

Je reçois avec une certaine surprise cette invitation pour un important colloque à Paris sur le Brésil, à l’heure (au milieu) d’élections décisives pour l’avenir politique et géopolitique de mon pays. La surprise c’est parce que je suis maintenant à la retraite, m’occupant de livres et de petits-enfants. Mais, la dernière invitation que j’ai reçu de votre Ambassade ici à Brasília ce fut très récemment, le 3 juin, pour une discussion sur André Malraux, comme Ambassadeur de la Diplomatie Culturelle Française, avec le journaliste Jean-Claude Perrier, sur la vie de Malraux et sur son discours à Brasília en construction (1959), comme “capitale de l’espoir”.

Les derniers contacts actifs avec vos académiciens ce fut quand j’étais directeur de l’IPRI (affilié à l’Itamaraty), et j’ai invité plusieurs collègues français pour parler de vos questions. Je me rappelle des professeurs Nicolas Regaud (Défense), Dominique Cardon et Patrick Le Bihan (Sciences Po), et Laurence Badel (Sorbonne).

J’ai une certaine hésitation à me présenter comme possible intervenant sur le Brésil, en dépit de ce qui a pût être dit par le professeur Barjot, car, en plus d’être à la retraite actuellement, je suis un peu pessimiste sur l’avenir immédiat du Brésil, en proie à une polarisation très négative sur le plan politique, économique et diplomatique (qui est d’ailleurs avec nous depuis un certain temps, plusieurs années en fait). Je pourrais suggérer d’autres noms, dont le professeur Hervé Théry, marié à une Brésilienne (décédée, hélas), qui est l’Université de São Paulo et dirige la revue géographique Confins, franco-brésilienne ou d’autres noms, qui sont déjà en France ou au Brésil.

En tout cas, je suis très axé sur le Brésil en Français – ma formation, au temps de la dictature militaire, a été faite en Belgique, et j’ai séjourné à Paris en tant que diplomate.

Vous trouverez en attaché, une liste de mes travaux en Français, y compris un projet de livre qui je compte encore faire.

Je vous écoute à nouveau sur vos impressions, avant de poursuivre notre dialogue.

Amicalement,

Paulo Roberto de Almeida

https://pralmeida.net/

diplomatizzando.blogspot.com

 

Attaché 1 :

5369. “Travaux en Français par Paulo Roberto de Almeida”, Brasília, 24 junho 2026, 15 p. Atualização, em ordem cronológica inversa, da lista de todos os trabalhos em francês, a partir do original de 1/10/2015 (n. 2882), agregados os mais recentes. Divulgado no blog Diplomatizzando (link: https://diplomatizzando.blogspot.com/2026/06/travaux-en-francais-par-paulo-roberto.html).

Attaché 2 :

2883. “Brésil, d’un siècle à un autre : Histoire, développement économique, relations internationales », Hartford, 2 Octobre 2015, 2 p. Projet de livre en Français ; à composer. Avant-Propos : Le Brésil, d’un siècle à l’autre. Repris à Brasília, 22/09/2026 ; blog Diplomatizzando (22/09/2026 ; link : https://diplomatizzando.blogspot.com/2026/09/le-bresil-dun-siecle-lautre-histoire.html).  

 

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3. Une première approche

      Remis le 27 juin :

5374. “Le Brésil, au premier quart du XXIème siècle : héritages et défis”, Brasília, 27 juin 2026, 4 p. Premier planning, provisoire, pour une intervention à un colloque de l’Académie des Sciences d’Outre-mer, à Paris, le 16 octobre 2016, entre les deux tours des élections présidentielles. À réviser, en attendant la campagne électorale et les résultats du premier tour (4/10/2026). Envoyé, en caractère préliminaire, à Daniel Jouanneau, président de la deuxième section de l'Académie des sciences d'Outre-mer, en attendant version corrigée et actualisée en octobre.

 

Le Brésil au premier quart du XXIème siècle : héritages et défis

 

Paulo Roberto de Almeida, diplomate, professeur.

Premier planning, provisoire, pour une intervention à un colloque de l’Académie des Sciences d’Outre-Mer, à Paris, le 16 octobre 2016, entre les deux tours des élections présidentielles. En révision, en attendant la campagne électorale et ses résultats nationaux, ainsi que les deux candidats sortant du premier tour présidentiel (4/10/2026).

 

Qu’est-ce que le Brésil ? Une définition simple serait celle-ci : c’est un pays qui se définit par les couleurs et les origines géographiques. Un Brésilien peut être Noir, Blanc, Métisse, Indigène, Asiatique, Levantin, surtout Pan-Européen, de la péninsule ibérique à l’Europe centrale et orientale. Ce n’est pas une race mélangée, ce n’est même pas une race ; c’est une Nation.

Il ne faut pas, toutefois, oublier, que ce qui définit le plus le Brésil, c’est l’héritage de l’esclavage, l’iniquité suprême de l’avoir prolongé à l’outrance presque jusqu’à la fin du XIXème siècle, et ses prolongements jusqu’à nos jours. Cela est une autre définition, peut-être plus brutale. Mais, en dépit de la discrimination qui survit, parfois même le racisme souvent dénié, il y a une grande unité culturelle, indépendamment de la diversité régionale, du Sud à l’Amazonie.

Cela est un socle sociologique, mais qui n’est pas l’objet de ce colloque. Ce qui vous intéresse en première place c’est la place du Brésil dans le monde, soit, quel Brésil va ressortir du second tour électoral, et quels seront ses défis nationaux, ainsi que le rôle qu’il pourra jouer en Amérique Latine, voire dans le monde. Nonobstant la bifurcation politique qui peut arriver à la fin d’octobre – pour être vrai, la continuité de Lula ou un virage à droite –, il y une réalité qui peut être affirmée sans contestation, du moins à mon avis : même si le monde connait un bouleversement sans précédents depuis la naissance de l’ONU, les défis brésiliens, maintenant et dans les prochaines années, n’ont rien à voir avec ces chambardements actuels, provoqués par Poutine et par Trump.

Une chose doit être très claire : les principaux défis qui se présentent au Brésil, aujourd’hui, dans les années suivantes, de même que par le passé, n’ont rien à voir avec les problèmes du monde, ils prennent sa source au Brésil profond. Les problèmes du Brésil vis-à-vis le monde ont peu de rapports avec la globalisation, les menaces extérieures, les rapports bilatéraux avec les grandes puissances, ses relations avec les voisins de l’Amérique du Sud, sa projection vers cette entité inexistante qu’on veut appeler de Sud Global, tout cela n’a pas d’importance majeure dans notre itinéraire national.

Tous les problèmes du Brésil, si j’ose dire, sont brésilo-brésiliens, made in Brazil, et ne peuvent que recevoir des réponses brésiliennes, même si cela semble un peu décevant vis-à-vis nos partenaires internationaux, tant le Brésil est ombilical, tourné vers l’intérieur, protectionniste, nationaliste, exclusiviste, attaché à un État central et dominateur, un peu comme la France d’ailleurs. Mais je vais, tout de même, dresser une liste sur les principaux défis brésiliens, tant en égard des problèmes nationaux, que dans les relations extérieures.

(…)

[Reste à développer les principaux problèmes, nationaux, ainsi que signaler les défis qui peuvent se présenter dans les relations extérieures. Je vais parler non en tant qu’ancien diplomate, mais comme simple citoyen, sociologue de formation, professeur par dévotion, serviteur de l’État pour plus de quatre décennies, mais surtout un libre-penseur, parfois « contrarianiste », un grand lecteur et un grand voyageur, avec un certain nombre d’ouvrages publiées. (…)]

[Voilà : je vais tâcher, dans le 15 minutes suivants, de présenter l’agenda nationale et internationale du Brésil, avec déjà une certaine perception des équilibres politiques qui seront en place à partir de 2027. Mais, il me faut observer les développements dans les prochains mois jusqu’au début octobre. Une chose est certaine : le Brésil n’a pas encore résolu les problèmes hérités des siècles passés : l’iniquité de la domination oligarchique, la pauvreté, même la misère persistante, l’exclusion des Noirs et indigènes, la mauvaise qualité de l’éducation, l’insertion insuffisante dans l’économie mondiale etc. Mais, il ne faut oublier que nous sommes la moitié de l’Amérique du Sud, un leader dans les nouveaux accords du Mercosur, une diplomatie d’excellente qualité intellectuelle, un certain poids à l’agenda énergétique et environnementale, un killer dans l’agriculture et l’élevage…

À suivre... ]

Paulo Roberto de Almeida

Brasília, 5374, 27 juin 2026, 2 p.

  

Paulo Roberto de Almeida (São Paulo, 1949) est Docteurs ès Sciences Sociales de l’Université Libre de Bruxelles (1984), Maître en Développement Économique par le Collège des Pays en Développement de l’Université d’État d’Anvers (1976), diplomate à l’Itamaraty de 1977 à 2022, professeur universitaire par un temps comparable, et auteur de plusieurs livres d’histoire diplomatique, les relations économiques internationales et l’intégration régionale. (pralmeida.net ; https://diplomatizzando.blogspot.com)

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4. Une deuxième approche

      Remis le 7 août :

5424. « Introduction sommaire au panorama électoral au Brésil d’aujourd’hui », Brasília, le 7 août 2026, 3 p. Note sur les élections au Brésil, pour futur débat à l’Académie des sciences d’Outre-Mer. Versão em inglês, « Short summary of 2026 Brazil elections ». Au blog Diplomatizzando (links : https://diplomatizzando.blogspot.com/2026/08/introduction-sommaire-au-panorama.html ; https://diplomatizzando.blogspot.com/2026/08/short-summary-to-brazil-elections-in_01421601359.html). 

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5. Une autre approche

Deux écrits juxtaposés :

5442. Le Brésil au premier quart du 21ème siècle : héritages et défis ; Brasília, le 31 août 2026, 7 p. Note sur les élections au Brésil entre le premier et le second tour, pour présentation et débat à l’Académie des Sciences d’Outre-Mer, Paris, le 16 octobre, 15-17hs (10 à 12hs de Brasília), en plus, version en Portugais du même texte.

5443. Le Brésil au premier quart du 21ème siècle : héritages et défis ; Brasília, le 4 septembre 2026, 5 p. Note [5442] ; complétée par un addendum, sur la crise du STF et ses impacts sur les élections. Au blog Diplomatizzando (link : https://diplomatizzando.blogspot.com/2026/09/le-bresil-au-premier-quart-du-21eme.html).

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6. Une autre approche

 

            Texte à composer à la fin septembre-début octobre, pour présenter les derniers développements politiques-électoraux proche à la fin de la campagne : prévisions sur le vote au 4 octobre ; continuité de la polarisation gauche – extrême-droite, avec un fonds de crise politique très grave due à des nouvelles de corruption jusqu’au Tribunal Supérieur Fédéral, ainsi que possible intervention américaine dans le processus électoral.

 

 

Paulo Roberto de Almeida

Brasília, 5472 : 22 setembro 2026, 5 p.

 

sexta-feira, 4 de setembro de 2026

Le Brésil au premier quart du 21ème siècle : héritages et défis - Paulo Roberto de Almeida (Académie des Sciences d’Outre-Mer)

  

Le Brésil au premier quart du 21ème siècle : héritages et défis

  

Paulo Roberto de Almeida, diplomate, professeur

Note sur les élections au Brésil entre le premier et le second tour, pour présentation et débat ; Académie des Sciences d’Outre-Mer, Paris, le 16 octobre, 15-17hs (10-12hs au Brésil).

  

Présentation de l’intervenant :

Paulo Roberto de Almeida est titulaire d'un doctorat en sciences sociales de l'Université de Bruxelles (1984) et d'une maîtrise en planification économique de l'Université d'Anvers (1977). Diplomate de carrière depuis 1977, il a été professeur à l'Institut Rio Branco et à l'Université de Brasília, et directeur de l'Institut de recherche en relations internationales (IPRI) de la Fondation Alexandre de Gusmão (Funag-Itamaraty) de 2016 à 2019. De 2004 à 2022, il a enseigné l'économie politique dans les programmes de troisième cycle en droit du Centre universitaire de Brasília (Uniceub). Il a publié plusieurs ouvrages sur les relations économiques internationales, la politique étrangère brésilienne et l'histoire diplomatique.

  

Synthèse de l’exposition :

Arrivé à la dixième élection présidentielle depuis la démocratisation, en 1985, le Brésil est désormais confronté à un changement fondamental dans la structure politique nationale et dans les relations entre les pouvoirs. Ayant vécu sous l’emprise d’un État centralisateur, commandé par un Exécutif très puissant, depuis l’entre guerres jusqu’à la deuxième décennie de ce siècle, tout en étant partagé entre sociaux-démocrates (FHC) et petistes (PT) dans les trois dernières décennies, le système politique vit aujourd’hui sous l’emprise du pouvoir du Congrès sur l’Exécutif, ou plutôt, dominé informellement par les caciques de principaux partis, qui sont centristes ou de droite. Les principaux partis n’ont plus besoin de négocier des montants accrus des ressources publiques, puisqu’ils ont progressivement accaparé les dotations légales qui leur sont attribués – dont deux fonds, des partis et électoral, toujours croissants – ainsi que des montants relativement importants au titre des différentes sortes des « amendements » obligatoires au budget annuel, jusqu’au point qu’ils ne se sentent plus obligés d’appuyer ou de soutenir un candidat aux élections présidentielles : n’importe qui sera élu, les parlementaires se dotent des ressources pour se soutenir indéfiniment.

La société, de son côté, est profondément déçue par l’insécurité quotidienne, la lenteur de l’accroissement des revenus, la corruption politique et le déjà-vu des candidats, dont les discours et les promesses ne rassemblent plus des grandes masses. Il y a un épuisement de l’espoir de véritables changements, comme il y eu dans la fin des années 1950 – coupe du monde, construction de Brasília, des avancées dans l’industrialisation – ou au début de la démocratisation, dans les années 1980 : nouvelle Constitution progressiste, floraison de partis, multiplication des organisations civiles.

 

Développement du débat (provisoire) : 

Le Brésil au premier quart du 21ème siècle : héritages et défis

Le XXIe siècle a débuté par une triple crise au Brésil : en 2000, la crise du modèle argentin de convertibilité a éclaté, le gouvernement Menem menaçant de dollariser immédiatement l'économie, ce qui aurait compromis la poursuite du projet Mercosur ; en 2001, le Brésil a subi des coupures d'électricité, dues à la sécheresse et à des réductions drastiques de l'approvisionnement en électricité, compte tenu de la forte composante hydroélectrique de son énergie ; en 2002, la victoire du PT aux élections a fait planer la menace d'un changement radical de politique économique : chute des titres de dette brésiliens à l'étranger, forte dévaluation du real et flambée de l'inflation. Dans une lettre datée de juin, le candidat Lula s'est engagé à maintenir la politique économique en cours, héritage du plan de stabilisation macroéconomique de 1994 mis en œuvre par Fernando Henrique Cardoso, la maîtrise des fluctuations du taux de change et la rigueur budgétaire de 1999.

Son premier mandat (2003-2006) a été marqué par une grande prudence en matière de politique économique, avec le lancement de plusieurs programmes sociaux, profitant de la hausse des prix des matières premières et de l'essor des exportations vers la Chine (devenue le premier partenaire commercial du Brésil en 2009, devant les États-Unis et l'Union européenne). Lula a été réélu en 2006. Son second mandat, en revanche, a suivi le modèle de politique économique du PT, avec une forte augmentation des dépenses publiques et un moindre respect des principes de rigueur budgétaire. Néanmoins, le gouvernement a accéléré les dépenses et, profitant du prétexte de la crise financière de 2008-2009, a encore renforcé les programmes de redistribution : en 2010, stimulant la demande, Lula est parvenu à faire élire son successeur et à atteindre une croissance du PIB de 7,5 %, quasiment au niveau chinois, contre une moyenne inférieure à 4 % les années précédentes.

À partir de 2011, au lieu de la forte croissance promise par l'expansion continue du crédit, les investissements et la croissance ont commencé à chuter, et l'inflation a augmenté. Malgré cela, Dilma Rousseff est parvenue à être réélue in extremis en 2014, grâce aux mêmes mesures expansionnistes qui ont plongé le Brésil dans la plus grave crise de son histoire, en 2014-2015, plus grave encore que celle de 1929-1931, ce qui a contribué à sa destitution par le Congrès en 2016, sous l'accusation de violation des lois budgétaires.

Le vice-président Michel Temer a gouverné pendant deux ans et demi (2016-2018) et a impulsé plusieurs réformes, tout en maîtrisant les dépenses publiques. Cependant, depuis 2013, les manifestations contre le PT ont donné naissance à plusieurs mouvements d'extrême droite, qui ont culminé avec la victoire d'un officier militaire lié au régime dictatorial des Forces armées (1964-1985). Jair Bolsonaro a instauré une mini-révolution dans tous les domaines de l'administration publique, faisant fi des droits humains, des acquis sociaux, de la protection de l'environnement et du respect des peuples autochtones. Il s'est également attaqué violemment aux universités et à la science (déni de la vaccination pendant la pandémie), contribuant ainsi à un nombre disproportionné de victimes de la Covid-19 au Brésil par rapport à la population mondiale. Dès le début, il a contesté les élections et la légitimité du vote électronique, préparant un coup d'État après sa défaite en octobre 2022. Il projetait alors d'assassiner le président élu, Lula, son vice-président et un ministre de la Cour suprême qui présidait également le tribunal électoral cette année-là.

Le troisième mandat de Lula (2023-2026) s'est déroulé dans un contexte – national, régional et international – très différent de celui des dix premières années du siècle, période où la hausse des prix des matières premières exportées offrait une marge de manœuvre considérable pour les dépenses publiques, où l'Amérique latine comptait encore plusieurs gouvernements progressistes et où la détérioration des relations internationales n'avait pas encore commencé. Cette détérioration a été marquée par l'invasion et l'annexion illégales de la Crimée en 2014, par le premier mandat de Trump (2017-2020) et le début de son offensive protectionniste et tarifaire, ainsi que par le renforcement de l'« axe anti-occidental » (Russie-Chine-Iran), qui englobe une bonne partie des BRICS+, dont le Brésil est membre fondateur (mais membre du BRIC).

Lula n'est pas parvenu à reconstruire l'Unasur – la coalition sud-américaine vaguement anti-américaine, alliée à la faction bolivarienne – et n'a pas réaffirmé son soutien indéfectible à la transition énergétique et au nouvel écologisme. Il a même commencé à promouvoir l'exploration pétrolière dans des zones sensibles et a consolidé une position internationale favorable à la proposition russo-chinoise d'un « nouvel ordre mondial multipolaire », alors que le Brésil était engagé dans son processus d'adhésion à l'OCDE entre 2016 et 2023. Les élections de 2026 restent marquées par la même polarisation qu'en 2022 (partisans du PT contre partisans de Bolsonaro), mais l'émergence de nouveaux mouvements politiques conservateurs et une certaine détérioration de la conjoncture économique – avec une augmentation de 10 points de pourcentage de la dette publique ces quatre dernières années – pourraient modifier l'issue du second tour, le 25 octobre (en fonction des résultats du premier tour).

Le Brésil pourrait être à l'aube d'un important bouleversement politique, la population étant visiblement lasse après deux décennies de gouvernement du Parti des travailleurs (PT) de Lula, dépourvu d'idées novatrices et toujours dépendant de la redistribution du crédit et de l'augmentation des prestations sociales. La situation devrait se préciser en septembre, mois de campagnes électorales intenses, non seulement au niveau présidentiel, mais aussi dans les États et au Congrès, désormais doté de pouvoirs considérables.

 

Paulo Roberto de Almeida

Brasília, 5442 : 31 août 2026, 4 p.

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Addition le 4 septembre 2026 :

On est à un mois du premier tour de la dixième élection présidentielle depuis la démocratisation de 1985. Le 16 octobre, il y aura une visioconférence de l’Académie des Sciences d’Outremer sur les élections au Brésil, à laquelle je participerai.

 

Je me permets d’enregistrer ici les résultats des scrutins précédents :

1)    1989 (Fernando Collor élu; impeached en 1992; vice-président Itamar Franco)

2)    1994 (Fernando Henrique Cardoso élu au premier tour, par le Plan Real)

3)    1998 (Fernando Henrique Cardoso reélu au premier tour, une nouveauté)

4)    2002 (Luiz Inácio Lula da Silva élu, après être vaincu les trois premières)

5)    2006 (Luiz Inácio Lula da Silva reélu au second tour)

6)    2010 (Dilma Rousseff élue, pour le troisième mandat du PT)

7)    2014 (Dilma Rousseff, au second tour; impeached en 2016; vice Michel Temer)

8)    2018 (Jair Bolsonaro élu, pour la première fois un representant de l’extrême-droite)

9)    2022 (Luiz Inácio Lula da Silva élu, avec une courte avance, au deuxième tour) 

1        2026 (en cours; Lula se présente pour la quatrième fois, incertitude sur le résultat)

 

Comme information aux divers participants de la séance, il faut enregistrer dès maintenant que ces élections de 2026 seront tenues dans des circonstances exceptionnelles, jamais vues auparavant depuis la démocratisation de 1985, sauf peut-être aux élections de 1962, avant le coup d’État, quand il eut une intervention explicite des États-Unis aux élections pour les gouvernements des états, dans le cadre de la Guerre Froide, la révolution cubaine, la crise du régime parlementaire introduit artificiellement un an auparavant, etc. 

Le Brésil vit une crise politique exceptionnelle, simultanément aux trois pouvoirs, due notamment à la corruption disséminée, d’une part larvée, càd, “normale”, fréquente dans les milieux politiques, d’autre part opportuniste, due au scandale de la Banque Master, la plus grosse fraude jamais vue au Brésil, qui a touché des personnages de tous les pouvoirs et institutions, y compris au Supérieur Tribunal Fédéral. Tout cela dans le cadre d’une polarisation aussi exceptionnelle, entre droite et gauche, cette fois-ci représentée par les « petistes » (du PT) d’un côté, par les « bolsonaristes » de l’autre, qui peut condenser les votes des extrémistes de droite, des conservateurs, des opposants aux vingt ans de « régime lulopetiste ». Mais il peut aussi avoir une très grande abstention aux urnes électroniques, dans l’absence d’une troisième voie qui pourrait attirer des votants, malgré la totale absence d’un programme de gouvernement en bonne et due forme.

La campagne est entrée maintenant dans sa phase décisive, avec la tenue de la propagande dans les horaires convenus à la radio et TV (c’est la loi électorale qui le détermine), mais aussi cette fois avec un recours exponentiel aux moyens digitaux, y compris l’usage de l'Intelligence Artificielle pour la composition souvent mensongère des attributs propres et des défauts attribués aux adversaires. 

On n’a jamais vu tout cela, y compris une obscurité complète sur le résultat final, qui pourra être contesté par les deux parties au second tour, demande pour un nouvel contage des votes et querelles introduites auprès du Tribunal Supérieur Électoral. 

C’est la dixième élection présidentielle, et la première avec des tournures exceptionnelles. Comme on dit au Brésil, qui vivra verra !

 

Paulo Roberto de Almeida

Brasília, 5443 : 4 septembre 2026, 5 p.

 

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