Le Traité sur le commerce des armes oppose la majorité de l'Amérique latine aux pays de l'ALBA
Le Monde, 05.04.2013
Le Traité sur le commerce des armes, adopté par l'Assemblée générale des Nations unies le 2 avril, était à l'origine une initiative du Costa Rica, plus précisément de son ancien président Oscar Arias, Prix Nobel de la paix 1987. Ce petit pays d'Amérique centrale est un Etat démilitarisé : les forces armées ont été dissoutes en 1948, après une guerre civile, au profit de l'éducation, de la santé publique et du système de sécurité sociale, le plus performant des Amériques.
En 1995, Oscar Arias avait rassemblé un groupe de Prix Nobel de la paix qui avaient interpellé l'ONU sur la question des armes conventionnelles (soit tout ce qui n'est pas armement nucléaire, biologique ou chimique, objet d'autres textes ou instances internationaux).
En 2006, la machine onusienne s'est enfin mise en branle en vue de négocier le premier traité règlementant le juteux commerce des armes, évalué à 70 milliards de dollars (54 milliards d'euros) par an.
Les diplomates du Mexique et d'Amérique centrale ont réussi à inclure dans le traité les armes de poing et les armes légères, les plus utilisées dans l'inflation d'homicides dans la région. Aux Etats-Unis, la National Rifle Association n'a guère apprécié cette inclusion des « armes civiles », un concept dont on appréciera la subtilité...
Après une négociation laborieuse, le traité a été voté à l'ONU par 154 pays. Seuls la Corée du Nord, l'Iran et la Syrie ont voté contre. La plupart des pays exportateurs d'armes, Etats-Unis et pays européens en tête, ont approuvé ce texte qui tente de mettre un peu d'ordre dans la course aux armements. La Russie et la Chine, deux des principaux marchands d'armes au monde, ont pris la tête des 23 pays qui se sont abstenus.
Alors que l'Amérique latine était en pointe sur le sujet, cinq pays de la région ont choisi l'abstention : Cuba, Venezuela, Equateur, Bolivie et Nicaragua, qui forment l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA). Selon l'ambassadeur cubain, le traité aurait des « lacunes légales », de « sérieuses limitations » et de « multiples ambigüités ».
L'ALBA a préféré s'aligner sur Moscou et Pékin plutôt que sur l'immense majorité de l'Amérique latine. Comme l'a dit Oscar Arias, « l'application du traité sera difficile, mais il vaut mieux avoir cet instrument plutôt que rien ».
L'ALBA minoritaire en Amérique latine
C'est la deuxième fois en quelques jours que les Etats de l'ALBA ont campé sur des positions contraires au reste de l'Amérique latine. Le débat sur la Commission interaméricaine des droits de l'homme, le 22 mars à Washington, avait opposé l'ALBA à toutes les autres nations des Amériques.
En dépit des coups de chapeau à Simon Bolivar et des déclarations lénifiantes dans des sommets régionaux sans lendemain, l'ALBA est non seulement minoritaire en Amérique latine, ce qu'on savait depuis le début, mais elle évolue à contre-courant des orientations prédominantes, sur des sujets aussi essentiels que les droits de l'homme, le désarmement ou l'ouverture économique et commerciale.
Temas de relações internacionais, de política externa e de diplomacia brasileira, com ênfase em políticas econômicas, viagens, livros e cultura em geral. Um quilombo de resistência intelectual em defesa da racionalidade, da inteligência e das liberdades democráticas. Ver também minha página: www.pralmeida.net (em construção).
sexta-feira, 5 de abril de 2013
Alba: contra direitos humanos, democracia e controle de armas
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Vale!
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