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quinta-feira, 10 de setembro de 2026

O czar em pessoa; sim, ele mesmo, Vladimir Putin, o ditador que quer superar os 30 anos de Stalin - Roman Badanine et Mikhaïl Roubine (Le Point)

 

“NELE, TUDO É MENTIRA” : O VERDADEIRO PUTIN, CONTADO POR AQUELES QUE O ESTUDARAM DE PERTO

 

« LE TSAR »

« Chez lui, tout est mensonge » : le vrai Poutine raconté par ceux qui l’ont étudié de près

ENTRETIEN. Les enquêteurs russes Roman Badanine et Mikhaïl Roubine, auteurs du livre événement sur Vladimir Poutine « Le Tsar en personne » (éditions Les Arènes), se confient en exclusivité au « Point ».

Julien Peyron

 

PROPOS RECUEILLIS PAR JULIEN PEYRON

Publié le 09 septembre 2026 à 06h30


In this pool photograph distributed by the Russian state agency Sputnik, Russia's President Vladimir Putin attends a meeting with US special envoy Steve Witkoff and US President Donald Trump's son-in-law Jared Kushner in Moscow on September 5, 2026. Russian President Vladimir Putin met with US envoys Steve Witkoff and Jared Kushner on September 5, 2026 for talks on ending more than four years of war in Ukraine. "The situation is of course not simple," Putin told the US officials in footage aired on Russian state media. (Photo by Gavriil GRIGOROV / POOL / AFP) / *** Editor's note: This image is distributed by the Russian state owned agency Sputnik ***

Le président russe Vladimir Poutine au Kremlin, à Moscou, le 5 septembre 2026. AFP/GAVRIIL GRIGOROV

De Vladimir Poutine, on parle beaucoup, mais on sait en réalité peu de choses. Pour qui regarde la télévision russe et lit les dépêches de propagande du Kremlin se dessine le portrait d’un dirigeant conservateur, attaché aux traditions chrétiennes comme aux valeurs familiales, proche de son peuple et menant une vie sobre, loin de tout faste. Rien de tout cela n’est vrai. Ou plutôt : la vérité est à l’exact opposé.

Roman Badanine et Mikhaïl Rubin comptent parmi les meilleurs journalistes d’investigation de Russie. Le premier a fondé et dirige le média indépendant Proekt, le second fut reporter accrédité au cœur même du pouvoir. Pendant des années, ils ont scruté les arcanes du Kremlin : la personnalité du maître, ses réseaux familiaux, sa santé, ses maîtresses, son patrimoine immobilier… Jusqu’au point de rupture. Contraints à l’exil en 2021, estampillés « agents de l’étranger » et visés par le FSB, ils ont trouvé refuge au sein de prestigieuses universités américaines (Stanford et North Carolina).

Le fruit de leurs travaux paraît dans leur livre Le Tsar en personne, publié le 17 septembre (éditions Les Arènes). La somme d’informations impressionne, les photos exclusives abondent et la rigueur des sources atteste d’une enquête aussi minutieuse que discrète – « se méfiant autant de Signal que de Telegram, l’un de nos informateurs nous a donné rendez-vous en République dominicaine : il exigeait un échange de vive voix. Nous l’avons vu débarquer d’un yacht ! » témoigne Roman Badanine.

De cet empilement de faits émerge le visage du véritable Poutine. Un homme obsédé par son image, au point d’avoir fait interdire toute publication de biographie et d’avoir truqué celles déjà parues – semant la confusion jusque dans son propre esprit, puisqu’il intervertit parfois les dates de décès de sa mère et de son père.

Un dirigeant hypocondriaque, escorté en permanence d’un collège de cinq médecins – un ORL, un dermatologue, un réanimateur, un traumatologue et un oncologue. Un assidu de la messe de Pâques orthodoxe, qui plonge dans un trou de glace pour l’Épiphanie et prône les valeurs familiales, mais a longtemps gravité autour d’un bar de strip-tease de Saint-Pétersbourg et collectionne les maîtresses, dont certaines auraient l’âge d’être ses filles. Un prétendu serviteur de l’État, qui affectionne pourtant les yachts et s’est fait bâtir à Guelendjik une résidence pharaonique dotée d’un trône. Poutine se verrait volontiers en Nicolas Ier ; on découvre un personnage plus proche du Tony Montana de Brian De Palma.

 

Le Point : Poutine cultive l’image d’un homme pieux, attaché aux valeurs familiales et étranger au luxe. Votre livre démontre le contraire. Comment est-il parvenu à cette « complète inversion des valeurs », selon votre expression ?

 

Roman Badanine : Cela lui a pris vingt-six ans. Il a façonné pas à pas son image d’homme pieux et dévoué aux siens, mû par des convictions qu’il prétend inébranlables : amour de la patrie et dévouement au peuple. Dans le même temps, Poutine et son entourage ont bâti une machine de propagande et de mensonges immense, sans précédent – seule la Chine, peut-être, peut rivaliser. Des dizaines de milliers de personnes font de la propagande à différents postes en Russie, et toute cette machine a été conçue pour promouvoir l’image publique de Poutine.

En Occident, certains ont beaucoup contribué à entretenir cette fausse image. Il suffit de lire des articles publiés sur Poutine ces dernières années : on y retrouve les mêmes récits sur ses pseudo-convictions, dont les éléments factuels proviennent directement de la propagande russe. Je pense qu’il y a une forme de peur derrière tout ça. L’Occident a souvent eu peur de Poutine, il a préféré accepter ces mythes.

 

Mikhaïl Rubin : Notre but était de montrer que toute son image est un mensonge. Je comprends que les Russes y croient, car beaucoup n’ont malheureusement accès qu’à la propagande russe. Mais ce fut un choc de réaliser que dans les pays occidentaux, où les gens ont accès à des médias indépendants, cette image de dirigeant soi-disant conservateur ait pu s’imposer. Jeune journaliste, je voulais faire partie du pool du Kremlin pour découvrir la vérité sur Vladimir Poutine. Quand je suis devenu reporter accrédité au Kremlin, dans un média dont Roman était rédacteur en chef, j’ai découvert que tout, chez Poutine, est mensonge. Le voir en personne ne permet malheureusement pas de répondre à toutes les questions, mais on voit que son image publique est un mensonge.

Après quoi court cet homme « sans idéologie » ?

R.B. : Deux buts : s’enrichir et régner pour toujours. Il est déjà très riche et n’a rien contre l’idée d’être encore plus riche [rires]. Mais c’est du pouvoir qu’il est le plus avide.

 

Où vit-il réellement : dans l’un de ses palais ou au Kremlin ? Et que pensez-vous des théories sur ses sosies ?

 

M.R. : Tout chez lui étant mensonge, la seule réponse honnête est : nous ne savons pas. On le voit souvent dans un décor qui ressemble à sa résidence de la région de Moscou, mais il faut savoir qu’il existe plusieurs copies de ses bureaux. Il peut être n’importe où, dans un bunker, dans une autre résidence. En revanche, nous savons avec certitude qu’il ne séjourne jamais dans des lieux publics et qu’il ne dit jamais où il est réellement.

Nous savons aussi qu’il ne reste jamais longtemps dans le sud de la Russie, près de la frontière ukrainienne. Par peur, il ne se rend plus guère dans son fameux palais de Guelendjik, sa résidence de Sotchi ou celle de Crimée. Il passe plus de temps dans sa résidence autour de Moscou ou, quand il ne se sent pas en sécurité, il va dans la région de Valdaï, au nord. Pendant la mutinerie de Prigojine, nous pensons qu’il avait fui Moscou pour Valdaï. Il voyage aussi beaucoup désormais dans l’est de la Russie, loin des endroits où il pourrait être attaqué.

Nous savons tous que Poutine n’est pas célibataire.

R.B. : Concernant le palais de Guelendjik : on sait que Poutine y a séjourné il y a une dizaine d’années ou plus, quand le palais venait d’être construit. Il a l’air d’aimer cet endroit – Poutine aime la région de Sotchi, dont Guelendjik fait partie : le climat est doux, on peut boire le thé dehors ou au salon. Nous savons aussi que ce palais était rempli de jouets faits pour ses enfants ou ses nièces. Puis il y eut les scandales autour du luxe du palais, il est devenu plus simple pour lui de ne plus y aller, pour ne pas attirer l’attention. Une autre chose est certaine : Alina Kabaeva et leurs deux garçons [l’une des compagnes de Vladimir Poutine avec laquelle il a eu deux enfants, selon les auteurs, NDLR] ont vécu un long moment dans la datcha de Valdaï. Ils y étaient encore vraisemblablement en 2022, au début de la guerre.

Quant aux sosies, c’est un exemple de ces nouveaux mythes qu’on tente de créer autour de Poutine. Pas besoin de nouveaux mythes : il est déjà assez terrifiant comme ça. Nous avons beaucoup enquêté et nous n’avons pas trouvé la moindre preuve qu’il ait jamais utilisé un sosie. Nous avons entendu beaucoup de rumeurs, certaines venant de gens qui travaillent avec lui… Nous essayons de nous tenir à l’écart de ces mystères, car nous ne voulons pas reproduire ces mythes. Encore une fois : Poutine est déjà assez terrible tel qu’il est.

 

Détail cocasse ou cruel : depuis dix-sept ans, la déclaration de patrimoine de Poutine mentionne une remorque de camping datant de l’ère soviétique…

 

R.B. : Il se moque de toute la population russe, car tout le monde comprend que c’est une plaisanterie, et une mauvaise. C’est sa manière d’interagir avec sa population. « Allez vous faire foutre », voilà ce qu’il dit en réalité. « Je ne veux pas rendre compte de mes biens. » C’est sa réponse.

 

M.R. : Je suis entièrement d’accord avec Roman. Je me suis toujours demandé à qui il adresse ce message : au peuple, ou peut-être à quelqu’un d’autre… Il faut rappeler que les déclarations anticorruption ont été instaurées par Dmitri Medvedev quand il était président. Voilà la réponse de Poutine.

 

La version officielle dit que Poutine n’entretient aucune relation avec une femme depuis son divorce de 2013. Que faut-il en penser ?

 

R.B. : La Russie est un pays étrange : elle compte 140 millions d’habitants, elle a la bombe atomique, mais elle ne sait rien, absolument zéro, de la vie personnelle de son dirigeant. Tout le monde sait bien qu’il ment sur son statut marital. Nous savons tous que Poutine n’est pas célibataire, qu’il a eu, et a encore je pense, des liens avec différentes femmes. Certaines assez jeunes d’ailleurs.

 

M.R. : C’est intéressant car cela va à l’encontre de son image publique : officiellement, un leader conservateur devrait être marié et avoir une femme à ses côtés. Mais pour Poutine, une chose compte encore plus que son image : la dissimulation. Il y a deux sujets officiellement interdits en Russie : la vie personnelle du chef et sa santé. La version officielle est la suivante : il n’est jamais malade et n’a pas de famille.

Vous lui attribuez plusieurs compagnes depuis son divorce…

 

R.B. : Oui, et même avant. D’après nos informations, il était séparé de son épouse Lioudmila bien avant que soit prononcé le divorce, en 2013.

 

Vous dites qu’il a ensuite fréquenté Svetlana Krivonogikh, plus de vingt ans sa cadette, puis la gymnaste Alina Kabaeva. Cette dernière est-elle toujours sa compagne ?

 

R.B. : Nous pensons que oui. D’après toutes les preuves dont nous disposons, ils étaient en couple il y a deux ou trois ans. Nous avons vu des éléments nous permettant d’affirmer que Kabaeva était présente à Valdaï ces dernières années, ce qui indique qu’ils sont toujours ensemble. Et puis ils ont deux garçons, dont l’un s’appelle Vladimir – le prénom de son père. Dans son monde, je pense que cela veut dire beaucoup : il aime cet enfant. Rien à voir avec Louisa Rozova, la fille qu’il a eue avec Svetlana Krivonogikh, qui n’a jamais bien connu son père.

 

M.R. : De nombreux indices, certes indirects, montrent qu’Alina Kabaeva jouit d’un statut de quasi-impératrice : elle est devenue très riche et très influente. Pas au point de nommer un ministre, mais dans sa sphère, le sport, elle est un personnage central. Elle est bien plus influente que le ministre des Sports officiel.

Poutine, chef du FSB, passait ses étés en France.

Pourquoi un tel secret autour de ses enfants ? On dit que l’une de ses filles travaille dans une galerie d’art à Paris. Qu’en savez-vous ?

 

R.B. : Il s’agit de Louisa Rozova, que j’ai déjà mentionnée. Elle est bien la fille de Poutine et Svetlana Krivonogikh. Comme je le disais, elle a vécu toute sa vie avec sa mère, presque entièrement à Saint-Pétersbourg. Sa mère est une femme très riche et toute cette richesse vient de Poutine ou de ses amis. Mais Louisa ne fait pas partie de la famille « officielle » de Poutine. Elle est assez indépendante. Et d’après ce que nous comprenons, elle a décidé de vivre sa vie de manière indépendante à Paris, en travaillant dans une galerie d’art.

 

M.R. : On peut ajouter que c’est à cause d’elle, du moins en partie, qu’ont commencé certains de nos problèmes et que nous avons dû quitter la Russie en 2021. Notre média, Proekt, a été le premier à révéler son existence. Avant 2020-2021, personne ne savait que Poutine avait une maîtresse et un enfant caché. Quelques mois après notre révélation, les télévisions d’État ont commencé à nous attaquer, expliquant aux Russes qu’il fallait se méfier de certains médias d’investigation. La propagande n’a jamais mentionné l’histoire de Louisa Rozova ni de sa mère, mais ses attaques ont commencé juste après cette enquête.

 

Votre livre s’intitule Le Tsar et certains, dans son entourage, le flattent en le comparant à Nicolas Ier. Vous décrivez un personnage qui tient davantage du parrain ou du petit mafieux…

 

M.R. : Notre idée générale est que Poutine est une combinaison des deux : moitié gangster, moitié KGB. Il est tout à la fois l’officier du KGB nostalgique de l’URSS et le voyou sorti des bas-fonds de Saint-Pétersbourg.

Vous racontez certains de ses séjours en France, un pays qu’il apprécie beaucoup, selon vous – du moins avant la guerre…

 

M.R. : D’abord, un bref rappel historique. C’est une tradition ancienne de l’élite russe : la culture française a longtemps été très influente et importante pour elle. Les nobles russes des XVIIIe et XIXe siècles parlaient mieux français que russe. Je ne sais pas si Poutine suit cette tradition, mais il a commencé à voyager en France avec toute sa famille dès qu’il a pu le faire.

 

R.B. : Deux événements majeurs pour lui sont survenus en France, alors qu’il y passait des vacances : le moment où il a appris qu’il était nommé futur chef du FSB et celui où il a été désigné successeur de Boris Eltsine. Boris Berezovsky a fait le déplacement en personne pour lui annoncer, en France, l’incroyable nouvelle.

 

M.R. : C’est drôle de se dire que Poutine, chef du FSB, passait ses étés en France avant de devenir l’ennemi idéologique de l’Occident. En réalité, il adorait l’Occident.

 

R.B. : Les agents actuels du FSB n’ont pas sa chance. Il leur interdit désormais de passer leurs vacances hors du pays.

Nous ne pouvons jamais nous sentir en sécurité, où que ce soit.

Le FSB a le bras long. Vous sentez-vous en sécurité aux États-Unis, ou lorsque vous voyagez en Europe ?

 

R.B. : Un jour, le FBI a sonné à ma porte pour me prévenir que je pourrais être une « personne d’intérêt » pour les services de renseignement russes. Comment l’interpréter : est-ce sérieux ? Une simple précaution ? Nous ne savons pas. Vivre dans un pays doté d’un système judiciaire relativement fonctionnel m’aide à me sentir un peu plus en sécurité que dans d’autres endroits du monde. Même chose pour les voyages : je n’irais pas dans des pays exposés, ou potentiellement exposés, à une action physique des services russes, comme la Turquie, ou d’autres pays « amis ». Nous savons bien que les autorités et les forces spéciales russes peuvent faire des choses graves à leurs ennemis, où qu’ils soient, même aux États-Unis. Nous ne pouvons jamais nous sentir en sécurité, où que ce soit.

 

Il vous est impossible de retourner en Russie depuis que la propagande vous a qualifiés d’« agents de l’étranger ».

 

R.B. : Pour la propagande, nous sommes des « agents de l’étranger » depuis des années – y compris lorsque nous étions en Russie. Travailler pour un média indépendant suffit. Personnellement, je n’ai plus rien en Russie : ni propriété, ni argent. Rien, sauf la tombe de mes parents. Alors, suis-je un agent de l’étranger, le patron d’une « organisation indésirable » ? Ce n’est pas agréable, mais cela m’indiffère.

 

M.R. : J’essaie, moi aussi, de ne pas me soucier de ce statut, et je ne me considère certainement pas comme un agent de l’étranger. Je n’ai plus rien en Russie, sauf mes parents. Je m’interdis de penser à la possibilité de retourner en Russie, de rentrer à la maison. J’ai tout coupé.

 

Vous regrettez que Poutine ait longtemps été présenté comme un dirigeant respectable. Ne craignez-vous pas qu’il retrouve cette respectabilité, à la faveur d’éventuelles négociations sur l’Ukraine ?

 

R.B. : Il s’agit là de l’une de nos plus grandes déceptions professionnelles. Pendant des années, nous avons travaillé dur pour dépeindre le vrai Poutine et la nature de son régime. Or personne ne nous a entendus, personne n’a réagi. Concernant le futur : je suis pragmatique et je crois à l’importance des vies humaines. Si Poutine, avec d’autres – Trump, les dirigeants européens, Zelensky – parvient à arrêter la guerre, les tueries, les déplacements, tout ce mal, et qu’ensuite Poutine est reçu comme dirigeant politique quelque part en Europe, je n’y vois pas d’objection. C’est la réalité politique. Il faut avant tout arrêter la guerre. Mais je ne veux pas qu’on ferme les yeux sur les assassinats en Russie, sur le meurtre de Navalny, sur les meurtres en Ukraine – cela dépasse mon entendement.

 

M.R. : Poutine a eu de la chance : certains journalistes ont écrit des sottises pendant des années à son sujet. Ils sont d’ailleurs toujours lus aujourd’hui. En Europe, des forces politiques ouvertement pro-Poutine sont aux portes du pouvoir. Je peux facilement les imaginer rencontrer Poutine prochainement.

 
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segunda-feira, 3 de março de 2025

A Europa é capaz de enfrentar sozinha a Rússia de Vladimir Putin? - The Economist

 A Europa é capaz de enfrentar sozinha a Rússia de Vladimir Putin? 

A Europa é capaz de enfrentar sozinha a Rússia de Vladimir Putin?

Um exército independente, uma força aérea e uma bomba nuclear teriam um alto custo 

The Economist, 03/03/2025 


Poucas horas depois de seu partido vencer as eleições nacionais, Friedrich Merz, o provável próximo líder da Alemanha, soltou uma bomba. Donald Trump “não se importa muito com o destino da Europa”, disse ele. A prioridade era “passo a passo... alcançar a independência em relação aos EUA”. Este não era um objetivo distante. Ele não tinha certeza, disse ele, se a Otanainda existiria “em sua forma atual” em junho, quando os líderes devem se reunir nos Países Baixos, “ou se teremos que estabelecer uma capacidade de defesa europeia independente muito mais rapidamente do que isso”.

Quem pensou que Merz estava sendo alarmista foi rapidamente despertado para a realidade. Em 24 de fevereiro, em uma resolução da ONU que culpava a Rússia por invadir a Ucrânia, os Estados Unidos votaram contra seus aliados europeus, ficando ao lado da Rússia e da Coreia do Norte.

Merz não é o único “transatlanticista” convicto preocupado com o ataque de Donald Trump à Otan, a aliança que manteve a paz na Europa por quase oito décadas. “A arquitetura de segurança na qual a Europa confiou por gerações se foi, e não vai voltar”, escreve Anders Fogh Rasmussen, ex-secretário-geral da Otan, em um ensaio para a Economist. “A Europa deve aceitar o fato de que não somos apenas existencialmente vulneráveis, mas também estamos aparentemente sozinhos.”

Na verdade, pode levar uma década até que a Europa consiga se defender sem a ajuda dos Estados Unidos. A enormidade do desafio pode ser vista na Ucrânia. Os países europeus estão atualmente discutindo a perspectiva de uma mobilização militar ali para impor qualquer futuro acordo de paz. As negociações, lideradas pela França e pelo Reino Unido, preveem o envio de uma força relativamente modesta, de talvez dezenas de milhares de soldados. Eles não seriam mobilizados no leste na linha de frente, mas em cidades ucranianas, portos e outras infraestruturas importantes, de acordo com uma autoridade ocidental.

Qualquer implementação desse tipo, no entanto, exporia três fraquezas sérias. Uma delas é que isso sobrecarregaria as forças europeias. Há aproximadamente 230 brigadas russas e ucranianas na Ucrânia, embora a maioria esteja abaixo do efetivo previsto. Muitos países europeus teriam dificuldade para produzir uma única brigada com capacidade de combate cada. Segundo, isso abriria sérias lacunas nas próprias defesas da Europa.

Uma implantação britânica na Ucrânia, por exemplo, provavelmente engoliria unidades já destinadas à Otan, deixando buracos nos planos de guerra da aliança. Acima de tudo, os europeus reconhecem que qualquer implantação precisaria de apoio americano significativo, não apenas na forma de “facilitadores” específicos, como inteligência e equipamento de defesa aérea, mas também a promessa de apoio, caso a Rússia atacasse.

O fato de que a Europa teria dificuldade para gerar uma força independente do tamanho de uma divisão para a Ucrânia expõe a dimensão da tarefa prevista na visão de Merz. Atender aos planos de guerra existentes da Otan — com a presença dos Estados Unidos — exigiria que a Europa gastasse 3% do PIB em defesa, muito acima dos níveis existentes para a maioria dos países.

O Reino Unido deu um passo nessa direção em 25 de fevereiro, anunciando um plano para gastar 2,5% do PIB até 2027, mas mesmo isso pode ser insuficiente. Dizem que Mark Rutte, o secretário-geral da Otan, está propondo uma meta de 3,7%. No entanto, compensar os déficits americanos exigiria um valor bem acima de 4%.

Pagar por isso já seria difícil o suficiente. Traduzir dinheiro em capacidade também é mais difícil do que parece. A Europa precisaria formar 50 novas brigadas, calcula o centro de estudos estratégicos Bruegel, sediado em Bruxelas, muitas delas unidades “pesadas” com blindagem, para substituir as 300.000 tropas americanas que, estima-se, que seriam enviadas ao continente no caso de uma guerra. Os requisitos de mão de obra seriam proibitivos.


Fileiras de tanques

Esses números são estimativas. A sugestão do Bruegel de que a Europa precisaria de 1.400 tanques para impedir um avanço russo nos estados bálticos reflete suposições de planejamento tradicionais e provavelmente ;é um pouco exagerada. Em todo caso, esse tipo de contagem mostra apenas metade da história.

A Europa tem forças aéreas impressionantes, com muitos jatos modernos. Mas esses jatos não têm um estoque significativo de munições capazes de destruir as defesas aéreas inimigas ou atingir alvos distantes em terra ou no ar, explica Justin Bronk do Royal United Services Institute (RUSI), um centro de estudos estratégicos em Londres, em um artigo a ser publicado futuramente.

Apenas algumas forças aéreas, como a da Suécia, têm treinamento suficiente para guerra aérea de alta intensidade. Além disso, guerra eletrônica aerotransportada e inteligência, vigilância, aquisição de alvos e reconhecimento (ISTAR), ou a capacidade de encontrar e avaliar alvos, “são quase exclusivamente fornecidos pelos EUA”, observa Bronk.

Outro problema gritante é de comando e controle, ou as instituições e indivíduos que coordenam e lideram grandes formações militares na guerra. A Otan tem um amplo conjunto de quartéis-generais por toda a Europa, com o Quartel-General Supremo das Potências Aliadas da Europa em Mons, Bélgica, no topo da hierarquia, liderado pelo general Chris Cavoli que, como todos os Comandantes Aliados Supremos da Europa antes dele, é americano. “A coordenação da Otan é frequentemente um eufemismo para oficiais do estado-maior dos EUA”, diz Matthew Savill, um ex-oficial de defesa britânico agora no RUSI.

A experiência europeia na gestão de grandes formações é esmagadoramente concentrada em oficiais britânicos e franceses — ambos os países supervisionam dois “corpos” de reserva, que são quartéis-generais de altíssimo nível. Mas o Reino Unido provavelmente seria incapaz de executar uma operação aérea complexa na escala e intensidade da guerra aérea de Israel em Gaza e no Líbano. “Que eu saiba, não há nada que a Europa tenha que realmente se aproxime da escala do que os israelenses supostamente fizeram”, diz Savill.

Se os europeus forem capazes de gerar e comandar suas próprias forças, a próxima questão é se seria possível mantê-las alimentadas com munição. A produção de artilharia da Europa disparou nos três anos mais recentes, embora a Rússia, auxiliada pela Coreia do Norte, continue à frente. A Europa também tem fabricantes de mísseis: a MBDA, uma empresa pan-europeia com sede na França, fabrica um dos melhores mísseis ar-ar do mundo, o Meteor. França, Noruega e Alemanha fabricam excelentes sistemas de defesa aérea. A Turquia está se tornando uma séria potência industrial de defesa.

Entre fevereiro de 2022 e setembro de 2024, os estados europeus da Otan adquiriram 52% dos novos sistemas dentro da Europa e compraram apenas 34% dos EUA, de acordo com um artigo recente do Instituto Internacional de Estudos Estratégicos (IISS), outro centro de estudos estratégicos. Mas esses 34% costumam ser vitais. A Europa precisa dos EUA para artilharia de foguetes, defesa aérea de longo alcance e aeronaves furtivas. Mesmo para armas mais simples, a demanda supera em muito a capacidade, uma das razões pelas quais os países europeus se voltaram para o Brasil, Israel e Coreia do Sul.

O nível de dependência em relação aos EUA não é uniforme em todo o continente. O Reino Unido, por exemplo, está unicamente interligada às forças armadas, máquinas de inteligência e indústria dos Estados Unidos. Se os Estados Unidos cortassem o acesso a imagens de satélite e outras informações geoespaciais, como mapas de terreno, as consequências seriam profundas.

Talvez a principal razão pela qual o Reino Unido exigiu o consentimento dos Estados Unidos para deixar a Ucrânia disparar mísseis de cruzeiro britânicos Storm Shadow contra a Rússia no ano passado é que os mísseis dependiam de dados geoespaciais americanos para direcionamento eficaz. A Grã-Bretanha teria que gastar bilhões para comprar imagens de substituição, diz Savill, ou recorrer à França. Por outro lado, o envolvimento britânico com os Estados Unidos também pode fornecer uma forma de pressão. Cerca de 15% dos componentes do jato F-35 usado pelos Estados Unidos são feitos na Grã-Bretanha, incluindo peças difíceis de substituir, como o assento ejetor.

Como se a tarefa de construir forças convencionais independentes não fosse assustadora o suficiente, a Europa enfrenta outro desafio. Por 80 anos, ela se abrigou sob o guarda-chuva nuclear dos Estados Unidos. Se a Europa estiver realmente “sozinha”, como Rasmussen afirma, então a questão não é apenas que as forças americanas não lutariam por ela, mas também que não sew poderia contar com as armas nucleares americanas.

“Precisamos ter discussões com os britânicos e os franceses — as duas potências nucleares europeias”, disse Merz em 21 de fevereiro, “e saber se o compartilhamento nuclear, ou pelo menos a segurança nuclear... também poderia se aplicar a nós”. Na prática, o Reino Unido e a França não podem replicar o escudo nuclear americano sobre a Europa com seus arsenais relativamente pequenos — cerca de 400 ogivas no total, em comparação com mais de 1.700 ogivas russas mobilizadas.

Os insiders americanos torcem o nariz para a ideia de que isso seja adequado para uma dissuasão, pois acreditam que a Rússia seria capaz de limitar os danos a si mesma (não importa a possibilidade de Moscou ter desaparecido) enquanto infligiria um estrago pior à Europa. Dobrar ou triplicar o tamanho dos arsenais anglo-franceses provavelmente levaria anos e canibalizaria o dinheiro necessário para construir forças convencionais; a dissuasão britânica já consome um quinto dos gastos com defesa.


Pensamento estratégico

Outro problema é que, embora a França tenha armas nucleares a bordo de submarinos e aviões, o Reino Unido tem apenas as primeiras, o que limita sua capacidade de se envolver em “sinalização” nuclear em uma crise, por exemplo, usando armas nucleares de baixo poder de destruição, pois isso arriscaria expor a posição de seus submarinos e, portanto, colocaria sua capacidade de dissuasão estratégica em risco.

Além disso, embora o Reino Unido possa disparar suas armas nucleares sem a permissão americana, ela aluga os mísseis dos EUA — aqueles que não estão a bordo de submarinos são mantidos em um pool conjunto no estado da Geórgia — e depende da cooperação americana para componentes-chave.

Esses problemas não são necessariamente insuperáveis. Conversas silenciosas a respeito da dissuasão nuclear europeia entre ministros da defesa europeus se intensificaram nos meses mais recentes. “O debate alemão está amadurecendo em alta velocidade”, observa Bruno Tertrais, um dos principais pensadores da Europa em questões nucleares. “Os britânicos e os franceses precisarão enfrentar o desafio.”

A dissuasão nuclear não é apenas um jogo de números, ele diz, mas uma questão de vontade. Putin pode levar mais a sério as ameaças nucleares vindas do Reino Unido ou da França, que têm mais em jogo do que os EUA. Essas são as questões que preocuparam os pensadores europeus durante a Guerra Fria; seu retorno marca um novo e sombrio período para o continente. “Agora”, pronunciou Merz em 24 de fevereiro, “é como se realmente faltassem cinco minutos para a meia-noite para a Europa”. 


TRADUÇÃO DE AUGUSTO CALIL

sábado, 17 de agosto de 2024

How Ukraine’s Fight Solves Global Problems - Andreas Umland (The National Interest)

How Ukraine’s Fight Solves Global Problems

Kyiv’s struggle, if successful, could reignite worldwide democratization and help speed along political transitions in other nations.


The National InterestAugust 12, 2024 


While the Russian-Ukrainian War is only one symptom of broader destructive international trends, its outcome will co-determine the direction of the world’s development. 

Popular yet imprecise expressions like the “Ukraine Crisis” or the “Ukraine War” have been misleading many to believe that the Russian-Ukrainian War is a solely Eastern European issue. According to this misperception, a Ukrainian leadership that was more submissive to Russia could have avoided the unfortunate war. Supposedly, Kyiv can still stem the risks spilling over from the “war in Ukraine” to other realms and regions if it accommodates Russian aggression.

If seen from a historical and comparative perspective, the Russian-Ukrainian War looks different. It is only one of several permutations of Moscow’s post-Soviet imperialism and merely one facet of larger regressive developments since the end of the twentieth century. Russia’s assault on Ukraine is a replay or preview of pathologies familiar to Eastern Europe and other parts of the world. The alleged “Ukrainian Crisis” is neither a singular nor a local issue. It is less the trigger than a manifestation of larger destructive trends.

At the same time, the Russian-Ukrainian War is a grand battle about the future of Europe and the principle of inviolability of borders. Moreover, the war is about Ukraine’s right to exist as a regular UN member state. The conflict has genuinely global significance.

Yet, the war’s course and outcome can either accelerate, contain, or reverse broader political, social, and legal decay across the globe. Moscow’s partial victory in Ukraine would permanently unsettle international law, order, and organization and may spark armed conflicts and arms races elsewhere. A successful Ukrainian defense against Russia’s military expansion, in contrast, will generate far-reaching beneficial effects on worldwide security, democracy, and prosperity in three ways.

A Ukrainian victory would, first, lead to a stabilization of the rules-based UN order that emerged after 1945 and consolidated with the self-destruction of the Soviet Bloc and Union after 1989. It would, second, trigger a revival of international democratization, which has halted since the early twenty-first century and needs a boost to start anew. Third, the ongoing Ukrainian national defense and state-building contribute to global innovation and revitalization in various fields, from dual-use technology to public administration, fields in which Ukraine has become a forerunner.

Stabilizing International Order

The Russo-Ukrainian War is only one of several attempts by powerful states to expand their territories since the end of the Cold War. Several revisionist governments have tried or are planning to install their uninvited presence in neighboring countries. The resulting military operations have been or will be offensive, repressive, and unprovoked rather than defensive, humanitarian, and preventive. Several revisionist autocracies have engaged in, or are tempted to try, replacing international law with the principle of “might is right.”

An early post-Cold War example is Iraq’s 1990 annexation of Kuwait, which was instantaneously reversed by an international coalition in 1991. Another example is Serbia’s revanchist assaults on other former Yugoslav republics once ruled from Belgrade. During this period, Russia began creating so-called “republics” in Moldova (i.e., Transnistria) and Georgia (i.e., Abkhazia and “South Ossetia”). At the same time, Moscow ruthlessly suppressed the emergence of an independent Chechen republic on its own territory.

Only recently has the Kremlin turned its attention to Ukraine. In 2014, Moscow created the “people’s republics” of Donetsk and Luhansk and illegally annexed Crimea to the Russian Federation. Eight years later, Russia also illegally incorporated Ukraine’s Donetsk, Luhansk, Zaporizhzhia, and Kherson regions into its official territory.

The international community’s reaction to Russia’s border revisions has remained half-hearted, unlike its responses to the Iraqi and Serbian attempts of the 1990s. The West’s timidity only provoked further Russian adventurism. Moscow now demands Kyiv’s voluntary cessation of all parts of the four Ukrainian mainland regions that Russia annexed in 2022. This includes, oddly, even some parts of Ukraine’s territory that Russian troops never managed to capture. The Kremlin’s final aim is still the eradication of Ukraine as a sovereign state.

At the same time, Beijing is bending established rules of conduct in the South and East China Seas and stepping up its preparations to incorporate the Republic of China in Taiwan into the People’s Republic of China by force. Venezuela has announced territorial claims on neighboring Guyana. Other revisionist politicians across the globe may be harboring similar plans.

Moscow’s official incorporation of Ukrainian lands is unique since Russia is a permanent member of the UN Security Council, which was created to prevent such conquests. Russia’s behavior is also peculiar in view of its status as an official nuclear-weapon state and depositary government under the 1968 Nuclear Non-Proliferation Treaty (NPT). Nevertheless, Moscow is trying to reduce or even destroy an official UN member and non-nuclear weapon state, thereby undermining the entire logic of the non-proliferation regime and its special prerogatives for the five permanent UN Security Council members whom the NPT allows to have nuclear weapons.

At the same time, the Russian assault on Ukraine is not entirely exceptional, neither geographically nor temporally. It is only one of several recent symptoms of more generic Russian neo-imperialism. It is also just one aspect of larger expansionist and revanchist tendencies across the globe.

A Ukrainian victory against Russia would not be a merely local incident but an event of far broader significance, notwithstanding. It can become an important factor in preventing or reversing international border revisionism and territorial irredentism. Conversely, Ukraine’s defeat or an unjust Russo-Ukrainian peace would strengthen colonialist adventurism across the globe. Ukraine’s fight for independence is, for world affairs, both a manifestation of broader problems and an instrument of their solution.   

A Revival of International Democratization

Russia’s assault on Ukraine challenges principles such as peaceful conflict resolution, national sovereignty, and the inviolability of borders. It also represents another negative global political trend of the early twenty-first century, namely the decline of democracy and the resurgence of autocracy. This regressive trend manifests itself through the confrontation between Russia and Ukraine.

A major internal determinant of the Russian assault on Ukraine is that Putin’s various wars have, since 1999, been sources of his undemocratic rule’s popularity, integrity, and legitimacy. Sometimes overlooked in analyses of Russian public support for authoritarianism, the occupation, subjugation, and repression of peoples like the Chechens, Georgians, and Ukrainians finds broad support among ordinary Russians. Their backing of victorious military interventions—especially on the territory of the former Tsarist and Soviet empires—is a major political resource and social basis of Putin’s increasingly autocratic regime.

Regressive tendencies, to be sure, were already observable in Yeltsin’s semi-democratic Russia of the 1990s—for instance, in Moldova and Chechnya. Yet, under Putin as prime minister (1999–2000, 2008–12) and president (2000–2008, 2012– ), the viciousness of Russian revanchist military operations in and outside Russia has rapidly grown. This radicalization is a function not only of escalating Russian irredentism per se but also an effect of fundamental changes in Russia’s political regime. Moscow’s increasing foreign aggressiveness parallels the growth of domestic repression after Putin’s take-over of Russia’s government in August 1999.

The two major early spikes of Kremlin aggressiveness towards the West and Ukraine followed, not by accident, Ukrainian events in 2004 and 2014. They had much to do with the victories of those years’ liberal-democratic Orange Revolution and Euromaidan Revolution. Ukraine’s domestic development questions Russia’s imperial pretensions, as it leads the largest former colony out of Moscow’s orbit. The democratizing Ukrainian polity is also a conceptual countermodel to authoritarianism in the post-communist world. Its very existence challenges the legitimacy of the post-Soviet autocracies in Russia, Belarus, Azerbaijan, and Central Asia.  

Ukraine’s fight for independence is thus not only a defense of international law and order but also a battle for the cause of worldwide democracy. The contest between pro- and anti-democratic forces is global and has been sharpening already before, in parallel to, and independently from, the Russo-Ukrainian War. At the same time, the confrontation between Russian autocracy and Ukrainian democracy is a particularly epic one.

If Ukraine is victorious, the international alliance of democracies will win, and the axis of autocracies around Russia will lose. In this scenario, not only will other democracies become more secure, self-confident, and energized, but also it is likely that more democracies will appear—above all, in the post-communist world from Eastern Europe to Central Asia. Diffusion, spillover, or domino effects could also trigger new or re-democratizations elsewhere.

Conversely, a Russian victory will embolden autocratic regimes and anti-democratic groups throughout the world. In such a scenario, democratic rule and open societies would become stigmatized as feeble, ineffective, or even doomed. The recent worldwide decline of democracy will be less likely to reverse and may continue further or accelerate. While the “Ukraine Crisis” is not the cause of democracy’s current problems, its successful resolution would revitalize worldwide democratization.

Transferable Innovations

A third, so far, underappreciated aspect of Kyiv’s contribution to global progress is the growing number of new and partly revolutionary Ukrainian cognitive, institutional, and technological advances that can be applied elsewhere. Already before the escalation of the Russo-Ukrainian War in 2022, Kyiv initiated some domestic reforms that could also be relevant for the modernization of other transition countries. After the victory of the Euromaidan uprising or Revolution of Dignity in February 2014, Ukraine started to restructure its state-society relations fundamentally.

This included the creation of several new anti-corruption institutions, namely a specialized court and procuracy, as well as a corruption prevention agency and investigation bureau. The novelty of these institutions is that they are all exclusively devoted to the preclusion, disclosure, and prosecution of bribery. In April 2014, Ukraine started a far-reaching decentralization of its public administration system that led to the country’s thorough municipalization. The reform transferred significant powers, rights, finances, and responsibilities from the regional and national levels to local self-governmental organs of amalgamated communities that have now become major loci of power in Ukraine.

The Euromaidan Revolution also led to a restructuring of relations between governmental and non-governmental organizations. Early independent Ukraine, like other post-Soviet countries, suffered from alienation between civil servants and civic activists. After the Revolution of Dignity, this gap began to close. For instance, Kyiv’s famous “Reanimation Package of Reforms” is a coalition of independent think tanks, research institutes, and non-governmental organizations that has been preparing critical new reform legislation for the Verkhovna Rada (Supreme Council), Ukraine’s unicameral national parliament.

Also, in 2014, Ukraine, Moldova, and Georgia signed EU Association Agreements of a new and, so far, unique type. The three bilateral mammoth pacts go far beyond older foreign cooperation treaties of the Union and include so-called Deep and Comprehensive Free Trade Areas between the EU and the three countries. Since 2014, the Association Agreements have been gradually integrating the Ukrainian, Moldovan, and Georgian economies into the European economy.

These and other regulatory innovations have wider normative meaning and larger political potential. They provide reform templates, institutional models, and historical lessons for other current and future countries undergoing democratic transitions. Ukraine’s experiences can be useful for various nations shifting from a traditional to a liberal order, from patronal to plural politics, from a closed to an open society, from oligarchy to polyarchy, from centralized to decentralized rule, and from mere cooperation to deeper association with the EU.

While Ukraine’s post-revolutionary developments are, above all, relevant for transition countries, its war-related experiences and innovations are also of interest to other states—not least the members and allies of NATO. Such diffusion concerns both Ukrainian accumulated knowledge of hybrid threats and how to meet them, as well as Ukraine’s rapid technological and tactical modernization of its military and security forces fighting Russian forces on the battlefield and in the rear. Since 2014, Ukraine has become—far more so than any other country on earth—a target of Moscow’s multivariate attacks with irregular and regular forces in the media and cyber spaces, within domestic and international politics, as well as on its infrastructure, economy, and cultural, religious, educational, and academic institutions.

Since February 24, 2022, Ukraine has engaged in a dramatic fight for survival against a nominally far superior aggressor country. Ukraine’s government, army, and society had to adapt quickly, flexibly, and thoroughly to this existential challenge. This included the swift introduction of new types and applications of weaponry, such as a variety of unmanned flying, swimming, and driving vehicles, as well as their operation with the help of artificial intelligence. In a wide variety of military and dual-use technology, Ukraine had to innovate rapidly and effectively so as to withstand the lethal Russian assault.

In numerous further fields such as electricity generation and preservation, electronic communication, war-time transportation, information verification, emergency medicine, large-scale demining, post-traumatic psychotherapy, and veteran reintegration, to name but a few areas, the Ukrainian government and society have, and will have to react speedily and resolutely. While Ukraine often relies on foreign experience, equipment, and training, it is constantly developing its own novel kit, approaches, and mechanisms that could potentially be useful elsewhere. This new Ukrainian knowledge and experience will come in especially handy for countries that may be confronted with similar challenges in the near or distant future.

It All Depends on Kyiv

The escalation of the so-called “Ukraine Crisis” in 2022 has been only one expression of earlier and independently accumulating international tension. At the same time, the Russian-Ukrainian War is no trivial manifestation of these larger trends and no peripheral topic in world affairs. A Russian victory over Ukraine would have grave implications for the post-Soviet region and beyond. Conversely, a Ukrainian success in its defense against Russia’s genocidal assault and the achievement of a just peace will have stabilizing and innovating effects far beyond Eastern Europe.

Apart from being a revanchist war of a former imperial center against its one-time colony, Russia’s assault on Ukrainian democracy is driven by Russian domestic politics. It is a result of Russia’s re-autocratization since 1999, which, in turn, follows more significant regressive trends in the state of global democracy. Ukraine has been less of a trigger than a major victim of recent destructive international tendencies.

At the same time, Ukraine’s fight can make crucial contributions to counteracting the global spread of revanchism. It can reignite worldwide democratization and help speed along political transitions in other nations. A Ukrainian victory and recovery may save not only Ukraine but also its neighbors from Russian imperialism. Ukraine’s fight also contributes to solving numerous larger problems of the world today.

 Dr. Andreas Umland is an Analyst with the Stockholm Centre for Eastern European Studies at the Swedish Institute of International Affairs (UI). Follow him on LinkedIn and X @UmlandAndreas.


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