sexta-feira, 6 de junho de 2025

Conferência de Emmanuiel Todd na Rússia: elogios e certeza de que ela vai ganhar a guerra de agressão contra a Ucrânia (Substack)

Après Budapest, Moscou : Voici le texte de la conférence que j’ai donnée à l’Académie des Sciences de Russie le 23 avril 2025, sous le titre “Anthropologie et réalisme stratégique dans les relations internationales” : 

Faire cette conférence m’impressionne. Je fais souvent des conférences en France, en Italie, en Allemagne, au Japon, dans le monde anglo-américain - en Occident donc. Je parle alors de l'intérieur de mon monde, dans une perspective certes critique, mais de l'intérieur de mon monde. Ici, c'est différent, je suis à Moscou, dans la capitale du pays qui a défié l'Occident et qui va sans doute réussir dans ce défi. Sur le plan psychologique, c’est un exercice tout à fait différent.

Autoportrait anti-idéologique

Je vais d'abord me présenter, non par narcissisme, mais parce que très souvent les gens venus de France ou d'ailleurs qui parlent de la Russie avec compréhension, ou même avec sympathie, ont un certain profil idéologique. Très souvent, ces gens viennent de la droite conservatrice ou du populisme et ils projettent sur la Russie une image idéologique a priori. Leur sympathie idéologique est à mon avis un peu irréaliste et fantasmée. Je n’appartiens pas du tout à cette catégorie.

En France, je suis ce qu'on appellerait un libéral de gauche, fondamentalement attaché à la démocratie libérale. Ce qui me distingue des gens attachés à la démocratie libérale, c'est que, parce que je suis anthropologue, parce que je connais par l'analyse des systèmes familiaux la diversité du monde, j'ai une grande tolérance pour les cultures extérieures et je ne pars pas du principe que tout le monde doit imiter l'Occident. Le biais de donneur de leçons est particulièrement traditionnel à Paris. Je pense moi que chaque pays a son histoire, sa culture, sa trajectoire.

Je dois quand même avouer qu'il y a en moi une dimension émotionnelle, une vraie sympathie pour la Russie, qui peut expliquer ma capacité à écouter ses arguments dans l'affrontement géopolitique en cours. Mon ouverture ne résulte pas de ce qu'est la Russie sur le plan idéologique mais d’un sentiment de reconnaissance envers elle pour nous avoir débarrassé du nazisme. C’est le moment de le dire, alors que nous approchons du 9 mai, le jour de la célébration de la victoire. Le premiers livres d'histoire que j'ai lus, quand j'avais 16 ans, racontaient la guerre menée par l'armée rouge contre le nazisme. J'ai le sentiment d'une dette qui doit être honorée.

J'ajoute que je suis conscient de ce que la Russie est sortie du communisme par elle-même, par ses propres efforts, et qu'elle a énormément souffert dans la période de transition. Je trouve que la guerre défensive à laquelle l'Occident a contraint la Russie, après toutes ces souffrances, au moment même où elle se relevait, est une faute morale de l’Occident. Voilà pour la dimension idéologique, ou plutôt émotionnelle. Pour le reste, je ne suis pas un idéologue, je n'ai pas de programme pour l'humanité, je suis historien, je suis anthropologue, je me considère comme un scientifique et ce que je peux apporter à la compréhension du monde et en particulier à la géopolitique vient pour l’essentiel de mes compétences de métier.

Anthropologie et politique

J'ai été formé à la recherche en histoire et en anthropologie à l'université de Cambridge, en Angleterre. Mon directeur de thèse s'appelait Peter Laslett. Il avait découvert que la famille anglaise du XVIIe siècle était simple, nucléaire, individualiste. Ses enfants devaient se disperser très tôt. Ensuite, j'ai eu comme examinateur de thèse à Cambridge un autre grand historien anglais qui est toujours vivant, Alan Macfarlane. Lui avait compris qu'il existait un rapport entre l'individualisme politique et économique des Anglais (et donc des anglo-saxons en général) et cette famille nucléaire identifiée par Peter Laslett dans le passé de l’Angleterre.

Je suis l'élève de ces deux grands historiens britanniques. J’ai, au fond, généralisé l'hypothèse de Macfarlane. Je me suis aperçu que la carte du communisme achevé, vers le milieu des années 1970, ressemblait beaucoup à celle d'un système familial que j'appelle communautaire (que d'autres ont appelé famille patriarcale, ou joint-family), système familial qui est en quelque sorte l'opposé conceptuel du système familial anglais. Prenons la famille paysanne russe par exemple. Je ne suis pas spécialiste de la Russie, ce que je connais vraiment de la Russie, ce sont des listes nominatives d’habitants du XIXe siècle qui décrivaient des familles de paysans russes. Ce n'étaient pas, comme les familles des paysans anglais du XVIIe siècle de petites familles nucléaires (papa, maman, les enfants) mais d'énormes ménages avec un homme, sa femme, ses fils, les femmes de ces fils, et des petits-enfants. Ce système était patrilinéaire parce que les familles échangeaient leurs femmes pour en faire des conjointes. On trouve la famille communautaire en Chine, au Vietnam, en Serbie, en Italie centrale, une région qui votait communiste. L'une des particularités de la famille communautaire russe, c'est qu'elle avait conservé un statut élevé des femmes parce que son apparition était récente.

La famille communautaire russe est apparue entre le XVIe et le XVIIIe siècle. La famille communautaire chinoise est apparue avant le début de l'ère commune. La famille communautaire russe avait quelques siècles d'existence, la famille communautaire chinoise avait deux millénaires d'existence.

Ces exemples vous révèlent ma perception du monde. Je ne perçois pas un monde abstrait mais un monde dans lequel chacune des grandes nations, chacune des petites nations, avait une structure familiale paysanne particulière, structure qui explique encore beaucoup de ses comportements actuels.

Je peux donner d’autres exemples. Le Japon et l'Allemagne, qui se ressemblent tellement sur le plan industriel et par leurs conceptions de la hiérarchie, ont aussi en commun une structure familiale, différentes des types familiaux nucléaires et communautaires, la famille souche, dont je ne parlerai pas dans cette conférence.

Si vous regardez aujourd’hui les médias, les journalistes et les politiques vous y parlent de Donald Trump et de Vladimir Poutine comme s’ils étaient les agents fondamentaux de l'histoire, ou même des gens qui façonnent leur société. Je les vois d’abord comme l'expression de cultures nationales qui peuvent être elles, soit en expansion, soit stables, soit décadentes.

Je tiens à préciser une chose qui concerne ma réputation. 95% de ma vie de chercheur a été consacrée à l'analyse des structures familiales, sujet sur lequel j’ai écrit des livres de 500 ou 700 pages. Mais je ne suis pas connu surtout pour ça dans le monde. Je suis connu pour trois essais de géopolitique dans lesquels j'ai utilisé ma connaissance de cet arrière-plan anthropologique pour comprendre ce qui se passait.

En 1976, j'ai publié La chute finale, Essai sur la décomposition de la sphère soviétique dans lequel je prédisais l’effondrement du communisme. La chute de la fécondité des femmes russes montrait que les Russes étaient des gens comme les autres, en cours de modernisation, et qu’aucun homo sovieticus n’avait été fabriqué par le communisme. J’avais surtout identifié une hausse de la mortalité infantile, entre 1970 et 1974, en Russie et en Ukraine. La hausse de la mortalité des enfants de moins d’un an montrait que le système avait commencé de se détériorer. J'ai écrit ce premier livre très jeune, j'avais 25 ans, et j'ai dû attendre 15 ans à peu près pour que ma prédiction se vérifie.

En 2002, j'ai écrit un deuxième livre de géopolitique, qui s'appelait en français Après l'Empire, à l'époque où tout le monde ne parlait que de l'hyperpuissance américaine. On nous expliquait que l'Amérique allait dominer le monde pour une période indéfinie, un monde unipolaire. Je disais, à l'opposé : non, le monde est trop vaste, la taille relative de l'Amérique se réduit sur le plan économique et l'Amérique ne pourra pas contrôler ce monde. Ça s'est avéré vrai. Dans Après l’Empire, il y une prédiction particulière correcte qui me surprend moi-même. Un chapitre s’intitule « Le retour de la Russie ». J’y prévois le retour de la Russie comme une puissance importante mais à partir de vraiment très peu d'indices. J'avais seulement observé une reprise de la baisse de la mortalité infantile (entre 1993 et 1999, après une hausse entre 1990 et 1993). Mais je savais d’instinct que le fond culturel communautaire russe, qui avait produit dans une phase de transition le communisme, allait survivre à la période d'anarchie des années 1990, et qu’il constituait une structure stable qui allait permettre de reconstruire quelque chose.

Il y a toutefois une erreur énorme dans ce livre : j’y prédis un destin autonome pour l'Europe occidentale. Et il y a un manque : je n’y parle pas de la Chine.

J’en viens à mon dernier livre de géopolitique, qui sera le dernier je pense, La Défaite de l’Occident. C’est pour parler de ce livre que je suis ici à Moscou. Il prédit que, dans l'affrontement géopolitique ouvert par l'entrée de l'armée russe en Ukraine, les Occidentaux vont subir une défaite. J’y apparais à nouveau en opposition avec l'opinion générale de mon pays, ou de mon camp puisque je suis un occidental. Je vais d’abord dire pourquoi il m'a été facile d'écrire ce livre mais je voudrais ensuite essayer de dire pourquoi, maintenant que la défaite de l'Occident paraît certaine, il m’est devenu beaucoup plus difficile d'expliquer à court terme le processus de dislocation de l'Occident, tout en restant capable d’une prédiction à long terme sur la continuation du déclin américain.

Nous sommes à un tournant : nous passons de la défaite à la dislocation. Ce qui me rend prudent, c'est mon expérience passée du moment de l'effondrement du système soviétique. J'avais prédit cet effondrement mais je dois admettre que quand le système soviétique s'est effectivement effondré, je n’ai pas été capable de prévoir l’ampleur de la dislocation et le niveau de souffrance que cette dislocation entraînerait pour la Russie.

Je n'avais pas compris que le communisme n'était pas seulement une organisation économique mais qu’il était aussi un système de croyance, une quasi-religion, qui structurait la vie sociale soviétique et la vie sociale russe. La dislocation de la croyance allait entraîner une désorganisation psychologique bien au-delà de la désorganisation économique. Nous atteignons une situation de ce type en Occident aujourd’hui. Ce que nous vivons n’est pas simplement un échec militaire et un échec économique mais une dislocation des croyances qui organisaient la vie sociale occidentale depuis plusieurs décennies.

De la défaite à la dislocation

Je me souviens très bien du contexte dans lequel j'ai écrit La Défaite de l'Occident. J’étais dans ma petite maison bretonne à l'été 2023. Les journalistes de France et d’ailleurs s’excitaient les uns les autres en commentant les « succès » (fantasmés) de la contre-offensive ukrainienne. Je me vois très bien, écrivant calmement : « la défaite de l'Occident est certaine ». Ça ne me posait absolument aucun problème. Par contre, quand je parle aujourd’hui de la dislocation, j’adopte une posture d'humilité devant les événements. Le comportement de Trump est une mise en scène de l'incertitude. Le bellicisme de ces Européens qui ont perdu la guerre aux côtés des Américains et qui parlent maintenant de la gagner sans les Américains est quelque chose de très surprenant.

Ça, c'est le présent. Les évènements de court terme sont très difficiles à prévoir. En revanche, le moyen et le long termes de l'Occident, particulièrement ceux des États-Unis, me paraissent plus accessible à la compréhension et à la prévision- sans certitude évidemment. J'avais eu très tôt, dès 2002, une vision de moyen terme et de long terme positive pour la Russie, comme je l’ai dit. Mais j'ai aujourd’hui une vision de moyen ou long terme très négative pour les États-Unis. Ce que nous vivons n'est que le début d'une chute des États-Unis et nous devons être prêts à voir des choses beaucoup plus dramatiques encore.

La défaite de l’Occident : une prédiction facile

Je vais d’abord rappeler le modèle de La Défaite de l'Occident. Ce livre a été publié, tout le monde peut vérifier ce qui y est écrit. Je vais dire pourquoi il était relativement simple de concevoir cette défaite. Dans les années qui avaient précédé, j'avais déjà longuement analysé le retour de la Russie à la stabilité.

Je ne vivais pas dans le fantasme occidental d'un régime Poutine monstrueux, d'un Poutine qui serait le diable et de Russes qui seraient des idiots ou des soumis, ce qui était la vision occidentale dominante. J'avais lu Russie, le retour de la puissance, excellent livre d'un Français trop peu connu, David Teurtrie, publié peu de temps avant l’entrée des troupes russes en Ukraine. Il y décrivait le redémarrage de l'économie russe, de son agriculture, de ses exportations de centrales nucléaires. Il expliquait que la Russie s'était depuis 2014 préparée à la déconnexion du système financier occidental.

J'avais de plus mes indicateurs habituels qui sont de stabilité sociale plus que de stabilité économique. J’avais continué de suivre le taux de mortalité infantile, l'indicateur statistique que j'utilise le plus. Les enfants de moins d'un an sont les êtres les plus fragiles dans une société et leurs chances de survie sont l'indicateur le plus sensible de cohésion et d’efficacité sociale. Durant les 20 dernières années, le taux de mortalité infantile russe a baissé à un rythme accéléré, même si la mortalité globale russe, particulièrement celle les hommes, n'est pas satisfaisante. Depuis plusieurs années, le taux de mortalité infantile russe était passé au-dessous du taux de mortalité infantile américain.

Le taux de mortalité infantile américain est l'un des indicateurs qui nous permet de voir que l'Amérique ne va pas bien. Malheureusement, je crois qu'en ce moment, le taux de mortalité infantile français, qui remonte, est en train de passer au-dessus de celui de la Russie. C’est une douleur pour moi, qui suis Français, mais je dois être capable, en tant qu’historien, de voir et d'analyser des choses qui ne me plaisent pas. L'histoire qui se déroule n'est pas là pour me faire plaisir. Elle est là pour être étudiée.

Évolution économique satisfaisante de la Russie, stabilisation sociale. Il y avait aussi la chute rapide du taux de suicide et du taux d’homicide dans les années 2000-2020. J'avais tous ces indicateurs et je gardais de plus ma connaissance du fond familial communautaire russe, d’origine paysanne, qui n'existe plus de façon visible mais continue d’agir. Bien entendu, la famille paysanne russe du dix-neuvième siècle n'existe plus. Mais ses valeurs survivent dans les interactions entre les individus. Il existe toujours en Russie des valeurs régulatrices d'autorité, d'égalité, de communauté, qui assurent une cohésion sociale particulière.

C'est une hypothèse qui peut être difficile à accepter pour des hommes et des femmes modernes insérés dans la vie urbaine. Je viens d’arriver à Moscou, que je redécouvre, en 2025, transformée depuis mon dernier voyage en 1993. Moscou est une ville immense et moderne. Comment puis-je imaginer dans un tel contexte matériel et social la persistance de valeurs communautaires venues du dix-neuvième siècle ? Mais je le fais comme je le fais ailleurs. C’est une expérience que j'ai faite, par exemple, au Japon. Tokyo, aussi est une ville immense, en vérité, avec ses 40 millions d’habitants, deux fois immense comme Moscou. Mais il est facile de voir et d'accepter l'idée qu'un système de valeurs japonais, hérité d'une structure familiale ancienne, s’y est perpétué. Je pense de la même manière pour la Russie, avec cette différence que la famille communautaire russe, autoritaire et égalitaire, n’était pas la famille souche japonaise, autoritaire et inégalitaire.

Économie, démographie, anthropologie de la famille : en 2022 je n’avais pas le moindre doute sur la solidité de la Russie. Et j’ai donc observé, depuis le début de la guerre en Ukraine, avec un mélange d’amusement et de tristesse, journalistes, politiques et politologues français émettre leurs hypothèses sur la fragilité de la Russie, sur l’effondrement à venir, de son économie, de son régime, etc.

Autodestruction des États-Unis

Ça me gêne un peu de le dire ici, à Moscou, mais je dois avouer que la Russie n'est pas pour moi le sujet important. Je ne dis pas que la Russie n'est pas intéressante, je dis qu’elle n'est pas au cœur de ma réflexion. Le cœur de ma réflexion, il est désigné dans le titre mon livre, La Défaite de l'Occident. Ce n'est pas la victoire de la Russie, c'est la défaite de l'Occident que j’étudie. Je pense que l'Occident se détruit lui-même.

Pour émettre et démontrer cette hypothèse, j'avais aussi un certain nombre d'indicateurs. Je vais me contenter ici de parler des États-Unis. Je travaillais depuis longtemps sur l'évolution des États-Unis.

Je savais la destruction de la base industrielle américaine, particulièrement depuis l'entrée de la Chine en 2001 dans l’Organisation Mondiale du Commerce. Je savais la difficulté qu’auraient les États-Unis à produire suffisamment d'armements pour nourrir la guerre.

J'avais réussi à évaluer le nombre d'ingénieurs - de gens qui se consacrent à la fabrication de choses réelles - aux États-Unis et en Russie. J'étais arrivé à la conclusion que la Russie, avec une population deux fois et demi moins importante que celle des États-Unis, arrivait à produire plus d'ingénieurs qu’eux. Tout simplement parce que parmi les étudiants américains, 7 % seulement font des études d'ingénieurs alors que le chiffre en Russie est proche de 25 %. Bien entendu, ce nombre d'ingénieurs doit être considéré comme un chiffre phare, qui évoque, plus en profondeur, les techniciens, les ouvriers qualifiés, une capacité industrielle générale.

J’avais d'autres indicateurs de longue durée sur les États-Unis. Je travaillais depuis des décennies sur la baisse du niveau éducatif, sur le reflux de l'éducation supérieure américaine en qualité et en quantité, reflux qui avait commencé dès 1965. La baisse du potentiel intellectuel américain est quelque chose qui remonte très loin. Cette baisse cependant, ne l’oublions bas, survient après une ascension qui s’était étalée sur deux siècles et demi. L’Amérique fut une immense réussite historique avant de s’enfoncer dans son échec actuel. La réussite historique des États-Unis fut un exemple, parmi d'autres mais le plus massif, de la réussite historique du monde protestant. La religion protestante fut le cœur de la culture américaine comme elle fut celui de la culture britannique, des cultures scandinaves, et de la culture allemande, puisque l'Allemagne était aux deux-tiers protestante.

Le protestantisme exigeait l'accès de tous les fidèles aux saintes écritures. Il exigeait que les gens sachent lire. Partout, le protestantisme fut donc très favorable à l'éducation. Vers 1900, la carte des pays où tout le monde sait lire, c’est celle du protestantisme. Aux États-Unis, de surcroît, dès l'entre-deux-guerres, l’éducation secondaire a décollé, ce qui ne fut pas le cas dans les pays protestants d’Europe.

L'effondrement éducatif des États-Unis a très évidemment un rapport avec leur effondrement religieux. Je suis conscient qu'on parle beaucoup aujourd’hui de ces évangélistes excités qui entourent Trump. Mais tout ça, pour moi, ce n'est pas de la vraie religion. Ça n'est en tout cas pas du vrai protestantisme. Le Dieu des évangélistes américains est un type sympa qui distribue des cadeaux financiers, il n'est plus le Dieu calviniste sévère qui exige un haut niveau de moralité, qui encourage une forte éthique du travail et favorise la discipline sociale.

La discipline sociale des États-Unis devait beaucoup à la discipline morale protestante. Et ce, même au XXe siècle alors que les États-Unis n’étaient déjà plus un pays protestant homogène, avec des immigrés catholiques et juifs, puis des immigrés venus d'Asie. Jusqu'aux années 1970 au moins le noyau dirigeant de l'Amérique et de la culture américaine resta protestant. On se moquait alors volontiers des WASPs, White Anglo-Saxon Protestants, qui avaient certes leurs défauts, mais qui représentaient une culture centrale et contrôlaient le système américain.

États actif, zombie et zéro de la religion

Une conceptualisation particulière me permet d'analyser le déclin religieux, pas seulement dans ce livre, mais dans tous mes livres récents. C'est une analyse en trois étapes de l’effacement de la religion.

*Je distingue d’abord un stade actif de la religion, dans lequel les gens sont croyants et pratiquants.

*Il y ensuite un stade que j'appelle zombie de la religion, dans lequel les gens ne sont plus croyants et pratiquants mais gardent dans leurs habitudes sociales des valeurs et des conduites héritées de la religion active précédente. Je parlerai, par exemple du républicanisme français, qui a succédé dans le bassin parisien à l'Église catholique en France, comme d'une religion civile zombie.

*Vient alors, un troisième stade, que nous vivons actuellement en Occident, que j'appelle stade zéro de la religion, dans lequel les habitudes sociales héritées de la religion ont-elles-mêmes disparu. Je donne un indicateur temporel de l'atteinte de ce stade zéro, mais que vous ne devez pas entendre d'une façon moralisatrice. Il s’agit d’un instrument technique, qui me permet de dater le phénomène en 2013, 2014 ou 2015.

J’utilise pour dater le début du stade zéro toute loi instituant le mariage pour tous, c'est-à-dire le mariage entre des individus du même sexe. C’est un indicateur du fait qu'il ne reste plus rien des habitudes religieuses du passé. Le mariage civil décalquait le mariage religieux. Le mariage pour tous est post religieux. Je le répète, je n'ai pas dit que c'était mal. Je ne suis pas ici en moraliste. Je dis que c'est ce qui nous permet de considérer qu'on a atteint un stade zéro de la religion.

Remonter du déclin industriel au déclin éducatif puis au déclin religieux pour diagnostiquer finalement un état zéro de la religion nous permet d’affirmer que la chute des États-Unis n’est pas un phénomène de court terme, réversible. Il ne sera pas réversible en tout cas durant les quelques années de cette guerre d’Ukraine.

Une défaite américaine

Cette guerre qui est toujours en cours, et même si l’armée qui représente l’Occident est ukrainienne, est un affrontement entre la Russie et les États-Unis. Elle n'aurait pu avoir lieu sans le matériel américain. Elle n'aurait pu avoir lieu sans les services d'observation et de renseignement américains. C'est pour ça, d'ailleurs, qu'il est tout à fait normal que la négociation finale se passe entre Russes et Américains.

La surprise actuelle des Européens, lorsqu’il se voient tenus à l’écart des négociations, est pour moi étrange. Leur surprise est pour moi une surprise. Depuis le début du conflit, les Européens se sont comportés comme les sujets des États-Unis. Ils ont participé aux sanctions, ils ont fourni des armes et des équipements mais ils n’ont pas dirigé la guerre. C’est la raison pour laquelle les Européens n'ont pas une représentation correcte ou réaliste de la guerre.

Nous en sommes là. L’Occident a été défait industriellement. Économiquement. Prévoir cette défaite n'a pas été pour moi un gros problème intellectuel.

J'en viens à ce qui m'intéresse le plus et à ce qui est le plus difficile pour un prospectiviste, l’analyse et la compréhension des événements en cours. Je fais des conférences assez régulièrement. J'en ai fait à Paris. J’en ai fait en Allemagne. J'en ai fait en Italie. J'en ai fait une récemment à Budapest. Ce qui me frappe, c'est qu'à chaque nouvelle conférence, s’il y a toujours une base stable, commune à toutes, il y a aussi des événements nouveaux à intégrer. On ne sait jamais quelle est l'attitude réelle de Trump. On ne sait pas si sa volonté de sortir de la guerre est sincère. On a des surprises extraordinaires comme son soudain ressentiment contre ses propres alliés, ou plutôt ses sujets. : voir le président des États-Unis désigner les Européens et les Ukrainiens comme responsables de la guerre et de la défaite a été tout à fait surprenant. Aujourd’hui, je dois confesser mon admiration pour la maîtrise et le calme du gouvernement russe qui doit (en apparence) prendre Trump au sérieux, qui doit accepter sa représentation de la guerre parce qu'il faut bien négocier.

Je note quand même chez Trump un élément positif stable depuis le début : il parle avec le gouvernement russe, il sort de l'attitude occidentale de diabolisation de la Russie. C’est un retour dans la réalité et, en soi, quelque chose de positif même si ces négociations n’aboutissent à rien de concret.

La révolution Trump

Je voudrais essayer de comprendre la cause immédiate de la Révolution Trump.

Chaque révolution a des causes avant tout endogènes, elle est d’abord l’issue d’une dynamique et de contradictions internes à la société concernée. Toutefois, une chose frappante dans l'histoire, est la fréquence avec laquelle les révolutions sont déclenchées par des défaites militaires.

La révolution russe de 1905 a été précédée par une défaite militaire face au Japon. La révolution russe de 1917 a été précédée par une défaite face à l'Allemagne. La révolution allemande de 1918 a aussi été précédée par une défaite.

Même la révolution française, qui semble plus endogène, avait été précédée en 1763 par la défaite de la France dans la guerre de sept ans, défaite majeure puisque l'Ancien régime y avait perdu toutes ses colonies. L'effondrement du système soviétique aussi a été déclenché par une double défaite : dans la course aux armements avec les États-Unis et par le repli d’Afghanistan.

Je crois qu'il faut partir de cette notion d'une défaite qui amène une révolution pour comprendre la révolution Trump. L’expérience en cours aux États-Unis, même si on ne sait pas exactement ce qu'elle va être, est une révolution. Est-ce une révolution au sens strict ? Est-ce une contre-révolution ? C'est en tout cas un phénomène d'une violence extraordinaire, une violence qui se tourne d’une part contre les alliés-sujets, les Européens, les Ukrainiens, mais qui s'exprime d’autre part, en interne, dans la société américaine, par une lutte contre les universités, contre la théorie du genre, contre la culture scientifique, contre la politique d'inclusion des Noirs dans les classes moyennes américaines, contre le libre-échange et contre l’immigration.

Cette violence révolutionnaire est, selon moi, liée à la défaite. Diverses personnes m’ont rapporté des conversations entre des membres de l'équipe Trump et ce qui est frappant, c'est leur conscience de la défaite. Des gens comme J. D. Vance, le vice-président, et bien d’autres, sont des gens qui ont compris que l'Amérique avait perdu cette guerre.

Ça a été pour les États-Unis une défaite fondamentalement économique. La politique de sanctions a montré que la puissance financière de l'Occident n'était pas une toute-puissance. Les Américains ont eu la révélation de la fragilité de leur industrie militaire. Les gens du Pentagone savent très bien que l'une des limites à leur action, c'est la capacité limitée du complexe militaro- industriel américain.

Cette conscience américaine de la défaite contraste avec la non-conscience des Européens.

Les Européens n’ont pas organisé la guerre. Parce qu’ils n’ont pas organisé la guerre, ils ne peuvent avoir une pleine conscience de la défaite. Pour avoir une pleine conscience de la défaite, il leur faudrait avoir accès à la réflexion du Pentagone. Mais les Européens n'y ont pas accès. Les Européens se situent donc mentalement avant la défaite alors que l'administration américaine actuelle se situe mentalement après la défaite.

Défaite et crise culturelle

Mon expérience de la chute du communisme m’a appris, je l’ai dit, une chose importante : l’effondrement d’un système est mental autant qu’économique. Ce qui s'effondre dans l'Occident actuel, et d'abord aux États-Unis, ce n'est pas seulement la dominance économique, c’est aussi le système de croyance qui l’animait ou s’y superposait. Les croyances qui accompagnaient le triomphalisme occidental sont en train de s'effondrer. Mais comme dans tout processus révolutionnaire, on ne sait pas encore quelle croyance nouvelle est la plus importante, quelle est la croyance qui va émerger victorieuse du processus de décomposition.

Le raisonnable dans l’administration Trump

Je tiens à préciser que je n'avais pas d'hostilité de principe envers Trump au départ. Lors de la première élection de Trump, en 2016, je faisais partie des gens qui admettaient que l'Amérique était malade, que son cœur industriel et ouvrier était en cours de destruction, que les Américains ordinaires souffraient de la politique générale de l'Empire et qu'il y avait de très bonnes raisons pour que beaucoup d'électeurs votent Trump. Dans les intuitions de Trump, il y a des choses très raisonnables. Le protectionnisme de Trump, l'idée qu'il faut protéger l'Amérique pour reconstruire son industrie, résulte d’une intuition très raisonnable. Je suis moi-même protectionniste. J'ai écrit des livres là-dessus il y a bien longtemps. Je considère aussi que l'idée d'un contrôle de l'immigration est raisonnable, même si le style adopté par l'administration de Trump dans la gestion de l'immigration est insupportable de violence.

Autre élément raisonnable, qui surprend beaucoup d'Occidentaux, l’insistance de l'administration Trump à dire qu'il n’existe que deux sexes dans l'humanité, les hommes et les femmes. Je ne vois pas là un rapprochement avec la Russie de Vladimir Poutine mais un retour à la conception ordinaire de l’'humanité qui existe depuis l'apparition d'Homo sapiens, une évidence biologique sur laquelle, d’ailleurs, la science et l'Église sont d'accord.

Il y a du raisonnable dans la révolution Trump.

Le nihilisme dans la révolution Trump

Je dois maintenant dire pourquoi, malgré la présence de ces éléments raisonnables, je suis pessimiste et pourquoi je pense que l'expérience Trump va échouer. Je vais rappeler pourquoi j'ai été optimiste pour la Russie dès 2002 et pourquoi je suis pessimiste pour les États-Unis en 2025.

Il y a dans le comportement de l’administration Trump, un déficit de pensée, une impréparation, une brutalité, un comportement impulsif, non réfléchi, qui évoque le concept central de La Défaite de l'Occident, celui de nihilisme.

J'explique dans La Défaite de l'Occident, que le vide religieux, le stade zéro de la religion, mène à une angoisse plutôt qu’à un état de liberté et de bien-être. L’état zéro nous ramène au problème fondamental. Qu'est-ce qu'être un homme ? Quel est le sens des choses ? Une réponse classique à ces interrogations, en phase d’effondrement religieux, c'est le nihilisme. On passe de l'angoisse du vide à la déification du vide, une déification du vide qui peut mener à une volonté de destruction des choses, des hommes, et ultimement de la réalité. L'idéologie transgenre n'est pas en elle-même quelque chose de grave sur le plan moral mais elle est fondamentale sur le plan intellectuel parce que dire qu'un homme peut devenir une femme ou une femme un homme révèle une volonté de destruction de la réalité. C’était, en association avec la cancel culture, avec la préférence pour la guerre, un élément du nihilisme qui prédominait sous l’administration Biden. Trump rejette tout ça. Pourtant, ce qui me frappe actuellement, c’est l’émergence d’un nihilisme qui prend d'autres formes : une volonté de destruction de la science et de l’université, des classes moyennes noires, ou une violence désordonnée dans l’application de la stratégie protectionniste américaine. Quand, sans réfléchir, Trump veut établir des droits de douane entre le Canada et les États-Unis, alors que la région des Grands Lacs constitue un seul système industriel, j’y vois une pulsion de destruction autant que de protection. Quand je vois Trump établir soudainement des tarifs protectionnistes contre la Chine en oubliant que la majeure partie des smartphones américains sont fabriqués en Chine, je me dis qu'on ne peut se contenter se considérer ça comme de la bêtise. C'est de la bêtise certes, mais c’est peut-être aussi du nihilisme. Passons à un niveau moral plus élevé : le fantasme trumpien de transformation de Gaza, vidé de sa population, en station touristique est typiquement un projet nihiliste de haute intensité.

La contradiction fondamentale de la politique américaine, je la chercherai toutefois du côté du protectionnisme.

La théorie du protectionnisme nous dit que la protection ne peut marcher que si un pays possède la population qualifiée qui permettrait de profiter des protections tarifaires. Une politique protectionniste ne sera efficace si vous avez des ingénieurs, des scientifiques, des techniciens qualifiés. Ce que les Américains n'ont pas en nombres suffisant. Or je vois les États-Unis commencer de pourchasser leurs étudiants Chinois, et tant d’autres, ceux-là même qui leur permettent de compenser leur déficit en ingénieurs et en scientifiques. C’est absurde. La théorie du protectionnisme nous dit aussi que la protection ne peut lancer ou relancer l’industrie que si l'État intervient pour participer à la construction des industries nouvelles. Or nous voyons l'administration Trump attaquer l'État, cet État qui devrait nourrir la recherche scientifique et le progrès technologique. Pire : si on cherche la motivation de la lutte contre l'État fédéral menée par Elon Musk et d’autres, on se rend compte qu’elle n'est même pas économique.

Ceux qui sont familiers de l'histoire américaine savent le rôle capital de l'État fédéral dans l’émancipation des Noirs. La haine de l’état fédéral, aux États-Unis, dérive le plus souvent d’un ressentiment anti-noir. Quand on lutte contre l'État fédéral américain, on lutte contre les administrations centrales qui ont émancipé et qui protègent les Noirs. Une proportion élevée des classes moyennes noires a trouvé des emplois dans l’administration fédérale. La lutte contre l'État fédéral ne s’intègre donc pas à une conception générale de la reconstruction économique et nationale.

Si je pense aux actes multiples et contradictoires de l’administration Trump, le mot qui me vient à l’esprit est celui de dislocation. Une dislocation dont on ne sait pas très bien où elle mène.

Famille nucléaire absolue + religion zéro = atomisation

Je suis très pessimiste pour les États-Unis. Je vais revenir, pour conclure cette conférence exploratoire, à mes concepts fondamentaux d’historien et d’anthropologue. J'ai dit au début de cette conférence que la raison fondamentale pour laquelle j’avais cru, assez tôt, dès 2002, à un retour de la Russie à la stabilité, c'est parce que j'avais conscience de l'existence d'un fond anthropologique communautaire en Russie. Au contraire de beaucoup, je n'ai pas besoin d'hypothèses sur l'état de la religion en Russie pour comprendre le retour de la Russie à la stabilité. Je vois une culture familiale, communautaire, avec ses valeurs d'autorité et d'égalité, qui permet d’ailleurs de comprendre un peu ce qu’est la nation dans l'esprit des Russes. Il y a en effet un rapport entre la forme de la famille et l'idée qu'on se fait de la nation. A la famille communautaire correspond une idée forte, compacte, de la nation ou du peuple. Telle est la Russie.

Dans le cas des États-Unis, comme dans celui de l'Angleterre, nous sommes dans le cas de figure inverse. Le modèle de la famille anglaise et américaine est nucléaire, individualiste, sans même inclure une règle précise d’héritage. La liberté du testament règne. La famille nucléaire absolue anglo-américaine est très peu structurante pour la nation. La famille nucléaire absolue a certes un avantage de souplesse. Les générations s’y succèdent en se séparant. La rapidité d'adaptation des États-Unis ou de l'Angleterre, la plasticité de leurs structures sociales (qui ont permis la révolution industrielle anglaise et le décollage américain) résultent largement de cette structure familiale nucléaire absolue.

Mais à côté ou au-dessus de cette structure familiale individualiste il y avait en Angleterre comme aux États-Unis la discipline de la religion protestante, avec son potentiel de cohésion sociale. La religion, en tant que facteur structurant, fut capitale pour le monde anglo-américain. Elle a disparu. L'état zéro de la religion, combiné à des valeurs familiales très peu structurantes ne me paraît pas une combinaison anthropologique et historique qui pourrait mener à la stabilité. C’est vers une atomisation toujours plus grande que se dirige le monde anglo-américain. Cette atomisation ne peut mener qu’à une accentuation, sans limite visible, de la décadence américaine. J’espère me tromper, j’espère avoir oublié un facteur positif important.

Je ne trouve malheureusement maintenant qu’un facteur négatif supplémentaire, qui m'est apparu à la lecture d’un livre Amy Chua, universitaire à Yale qui fut mentor de J.D. Vance. Political Tribes. Group instinct and the Fate of Nations (2018) souligne, après bien d'autres textes, le caractère unique de la nation américaine : une nation civique, fondée par l’adhésion de tous les immigrés successifs à des valeurs politiques dépassant l’ethnicité. Certes. Ce fut très tôt la théorie officielle. Mais il y eut aussi aux Etats-Unis un group protestant blanc dominant, issu lui d’une histoire assez longue et tout à fait ethnique au fond.

Cette nation américaine est devenue, depuis la pulvérisation du groupe protestant, réellement post-ethnique, une nation purement « civique », en théorie unie par l’attachement à sa constitution, à ses valeurs. La crainte d'Amy Chua, est celle d'une réversion de l'Amérique à ce qu'elle appelle tribalisme. Une pulvérisation régressive.

Chacune des nations européennes est au fond, quelle que soit sa structure familiale, sa tradition religieuse, sa vision d’elle-même, une nation ethnique, au sens d'un peuple attaché à une terre, avec sa langue, sa culture, un peuple ancré dans l'histoire. Chacune a un fond stable. Les Russes ont ça, les Allemands ont ça, les Français ont ça, même s'ils sont un peu bizarres en ce moment sur ces concepts. L'Amérique n'a plus ça. Une nation civique ? Au-delà de l’idée, la réalité d'une nation américaine civique mais privée de morale par l’état zéro de la religion laisse rêveur. Elle fait même froid dans dos.

Ma crainte personnelle est que nous ne soyons, non pas du tout à la fin, mais seulement au début d’une chute des États-Unis qui va nous révéler des choses que nous ne pouvons même pas imaginer. La menace est là : plus encore que dans un empire américain, soit triomphant, soit affaibli, soit détruit, aller vers des choses que nous ne pouvons pas imaginer.

Je suis aujourd’hui à Moscou et je donc vais donc terminer sur la situation future de la Russie. Je vais dire deux choses, l’une agréable, l’autre inquiétante pour elle. La Russie va sans doute gagner cette guerre. Mais elle gardera, dans le contexte de la décomposition américaine, de très lourdes responsabilités dans un monde qui va devoir retrouver un équilibre.

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quinta-feira, 5 de junho de 2025

Gilberto Freyre, um intelectual na longa duração - Paulo Roberto de Almeida - Prefácio ao livro de André Heráclio do Rêgo: Entre a Independência e a República: o século XIX na obra de Gilberto Freyre

Gilberto Freyre, um intelectual na longa duração
Paulo Roberto de Almeida
Prefácio ao livro de André Heráclio do Rêgo:
Entre a Independência e a República: o século XIX na obra de Gilberto Freyre
(Brasília: Senado Federal, 2025).
        O presente livro de André Heráclio do Riego constitui um notável esforço de síntese interpretativa sobre um dos autores mais fecundos do pensamento social brasileiro. Junto com Manoel de Oliveira Lima e Manoel Bomfim, Gilberto Freyre foi um dos primeiros historiadores sociais do Brasil. Na verdade, ele foi bem mais do que isso: um antropólogo de formação, tendo estudado com Franz Boas, na Columbia (NY), veio a empreender um levantamento da cultura material e humana do Brasil colonial e imperial, compreendendo não apenas a sua análise da Casa Grande e [da] Senzala, o título de sua primeira grande obra (1933), como também a miscigenação geral do povo brasileiro a partir de suas fontes étnicas, os aportes estrangeiros à cultura material e espiritual, assim como a lenta emergência, a partir da sociedade patriarcal, de formações urbanas ao longo da costa atlântica e no interior próximo, tal como refletida em Sobrados e Mucambos (3 volumes, 1936) e no seu outro clássico, Ordem e Progresso. O extenso subtítulo dessa terceira grande obra, em 2 volumes (1959), revela, aliás, a extensão de seu trabalho analítico: “Processo de desintegração da sociedade patriarcal e semipatriarcal no Brasil sob o regime de trabalho livre: aspectos de um quase meio século de transição do trabalho escravo para o trabalho livre; e da Monarquia para a República”.
        Gilberto Freyre antecipou, de certa forma, a famosa escola francesa dos Annales, com sua forte ênfase no cotidiano das famílias, nos costumes do povinho miúdo, na alimentação e nas técnicas do trabalho humano; mais de um acadêmico francês em estágio universitário no Brasil dos anos 1930 e 40, na recém fundada Universidade de São Paulo por exemplo, se declarou pronto a reconhecer certa dívida interpretativa em relação ao “mestre de Apipucos”, sua residência e escritório de trabalho no Recife senhorial. Bem antes que entrassem na moda, justamente a partir da USP, críticas à sua visão do mundo patriarcal, supostamente na origem do mito da “democracia racial” no Brasil, muitos acadêmicos brasileiros reconheciam em Gilberto um dos intelectuais que mais se destacaram na tentativa de substituir o “olhar estrangeiro” por um olhar nacional na compreensão do Brasil, inclusive por conta da vastidão de sua obra. Para o historiador Evaldo Cabral de Mello, talvez por uma não secreta simpatia para com o colega pernambucano, a riqueza e a variedade da obra de Gilberto de Mello Freyre exigiriam o “trabalho aturado” de muitos especialistas para ser bem compreendida.
        É um fato que, até Freyre, a historiografia brasileira conhecia muito pouco em matéria de história social. Só Capistrano de Abreu se havia aventurado por este caminho, e ainda assim de forma esparsa e sem continuidade. “Os historiadores desconheciam o povo, como continuam a desconhecê-lo”, acusou José Honório Rodrigues numa de suas obras historiográficas mais marcadas por seu tradicional antielitismo. A história social brasileira teve, assim, seu iniciador em Capistrano de Abreu e seu continuador no antropólogo e sociólogo pernambucano, “pela maior atenção ao povo, às frustrações psicológicas, às alterações nas relações de família, às atitudes e ajustamentos sociais, às crenças fundamentais”. O mestre de Apipucos sugeriu que sua própria ambição seria a de ser o Ticiano ou o El Greco da história brasileira. Estes dois pintores, bem como Rembrandt, valeriam mais, para tais propósitos, por sua habilidade de evocação da vida e da atmosfera que circundava seus modelos do que pela beleza estrita de suas obras, como o autor escreve na Introdução.
Ganha corpo nesse sentido a interpretação de Evaldo Cabral de Mello da obra de Gilberto Freyre. Para este seu primo, a novidade da sua abordagem consistia na transposição para uma sociedade de tipo histórico, como a brasileira, até então examinada exclusivamente a partir dos métodos diacrônicos da História, da visão sincrônica desenvolvida pela antropologia para a descrição das sociedades primitivas. “O que era então uma ousadia teórica habilitou o mestre de Apipucos a dar uma das contribuições mais originais à cultura ocidental do século XX”, concluiu Evaldo Cabral de Mello.
        Oliveira Lima, por quem Gilberto Freyre nutria uma grande admiração, que aliás era recíproca da parte do historiador e diplomata pernambucano, parece ser o sujeito oculto das influências freyreanas, pelo menos durante um certo período. Assim, conquanto o mestre de Apipucos tenha sido um grande divulgador da obra do dom Quixote Gordo, o reconhecimento de sua influência sobre a própria, ademais de escasso, é esporádico. Com a crítica é pior aindaː escreveu-se muito sobre Franz Boas e Gilberto Freyre, sobre o pensamento hispânico na obra freyreana, sobre Gilberto Freyre vitoriano nos trópicos, mas pouquíssimo sobre a influência de Oliveira Lima, o maior historiador diplomático, mas também da história social do Brasil imperial. A obra de Gilberto Freyre influenciou fortemente a maneira como o brasileiro de hoje vê o seu passado, tendo contribuído, com sua obra de hermenêutica da sociedade nacional, para a valorização do mesmo passado e para a identificação de ligações que a sociedade transpõe do passado para a formação das imagens que, em cada presente, se desenham do próprio presente, e também do futuro do país.
        Mas sua obra não influenciou apenas a visão dos brasileiros sobre o seu próprio passado, assim como a dos estrangeiros sobre o Brasil – pois que ela foi amplamente traduzida no exterior, inclusive em japonês –, mas igualmente a política externa oficial do Brasil, praticamente dominada, dos anos 1930 aos 60, por uma espécie de “lusotropicalismo binacional”, já que servindo a duas ditaduras unidas pelo conceito de Estado Novo, o de Salazar, em Portugal, e o de Getúlio Vargas, no Brasil, e até mais além, marcando a complacência diplomática brasileira com o ultracolonialismo português na África. Gilberto Freyre também foi o primeiro a destacar as conexões entre o Oriente e o Ocidente nesse mundo lusotropical, destacando os valores asiáticos absorvidos pela cultura lusobrasileira, chegando inclusive a falar, no caso do Brasil, de uma “China tropical”, tal como expresso em capítulo final ao seu livro dedicado ao público estrangeiro, New World in the Tropics.
        Com sua visão originalíssima sobre essa imbricação de culturas, Gilberto Freyre padeceu, provavelmente, de uma ênfase analítica excessiva sobre seu primeiro grande clássico, causando uma distorção crítica quando da revisão historiográfica e sociológica sobre o regime escravocrata patriarcal da sociedade tradicional, considerada muito “nordestina”. De fato, é uma evidência acadêmica que grande parte dos estudiosos da obra de Freyre verteram um interesse desproporcionado por Casa Grande & Senzala. Como observou Peter Burke, “mesmo tendo sido prolífico em seus escritos e amplo em seus interesses, Gilberto Freyre é mais lembrado por um só livro, publicado em 1933, quando o autor tinha 33 anos”.
        O leitor poderá observar no decorrer desta obra do também pernambucano André Heráclio do Rego, diplomata e historiador como Evaldo Cabral de Melo, que a análise de Gilberto Freyre sobre o século XIX não se limitou, de forma alguma, a Pernambuco e ao Nordeste. Ao contrário, sua abrangência é nacionalː o mestre de Apipucos tratou repetidamente de personagens como José Bonifácio e dom Pedro II, e de temas como a unidade nacional e a integridade territorial, ademais do movimento da Independência. O que ocorre é que fez isso em obras esparsas, publicadas em coletâneas, em plaquetes e em artigos de jornal, que na sua maior parte não tiveram a boa sorte de ser reunidas em volume mais vistoso. Esta é a matéria do livro que o leitor tem em mãos, graças à garimpagem muito bem conduzida por André Heráclio.
Ele se baseia num conhecimento profundo dessa obra esparsa de Gilberto Freyre e complementarmente naquelas obras “maiores” mencionadas por Peter Burke e Evaldo Cabral de Mello, ademais de trechos de várias outras em que se fazem referências e considerações sobre o século XIX no Brasil, seus personagens e seus temas. O resultado é um livro que passa a integrar o universo já bastante amplo dos estudos gilbertianos, mas de uma maneira original e inovadora, pois que chamando justamente a atenção para uma série de textos normalmente descurados na literatura interpretativa. Já sua introdução oferece uma revisão atualizada de uma vastíssima bibliografia centrada no mestre pernambucano, à qual se seguem sete capítulos sobre o longo século XIX, explorando as ricas minas deixadas esparsas na obra multifacetada de Gilberto Freyre.
Destaco em particular a abordagem original do período monárquico, absolutamente fundamental para a preservação da unidade nacional, pois que as tentativas republicanas, no Nordeste e no Sul, poderiam ter levado à fragmentação da nação. Comparece, igualmente, na análise de André Heráclio, a importância da influência oriental na formação da cultura luso-brasileira, normalmente descurada na historiografia e na sociologia tradicionais. O capítulo final, “Considerações e sugestões”, é praticamente uma nova introdução e um convite ao aprofundamento continuado de novas interpretações sobre a densa produção intelectual do mestre pernambucano. No conjunto, a pequena, mas riquíssima, “freyreana” de André Heráclio já constitui um dos mais valiosos aportes ao estudo e ao conhecimento integral da obra de Gilberto Freyre no Brasil.
Paulo Roberto de Almeida, diplomata e professor.
Brasília, 4436, 16 de julho de 2023
Prefácio à obra de André Heráclio do Rêgo: Entre a Independência e a República: o século XIX na obra de Gilberto Freyre (Brasília: Senado Federal, 2025). Relação de Publicados n. 1577.

Diplomacia: tradições, mudanças e desafios - livro de Fernando de Mello Barreto (disponível na Biblioteca Digital da Funag)


Diplomacia: tradições, mudanças e desafios

Descrição:
Neste livro, o autor apresenta uma visão completa e atualizada sobre o mundo da diplomacia, desde os principais conceitos, seus fundamentos históricos até os desafios do presente e as perspectivas para o futuro. É um guia acessível tanto para aqueles que aspiram a carreira quanto para o público interessado em temas internacionais.
Disponível: 
https://funag.gov.br/biblioteca-nova/produto/loc_pdf/1294/1/diplomacia:_tradicoes_mudancas_e_desafios

Detalhes
Autor(a)Fernando de Mello Barreto
EditoraFUNAG - Fundação Alexandre de Gusmão
AssuntoBrasil - História diplomática | Brasil. Ministério das Relações Exteriores (MRE) - história | Carreira pública | Diplomatas | Política Externa - Brasil | Relações Internacionais - Brasil
Ano2024

Edição1a. edição

Crônicas diplomáticas: depois da iniciativa pioneira do Renato Prado Guimarães, outros escrevinhadores diplomáticos se apresentam: Christiano Whitaker

Crônicas diplomáticas: depois da iniciativa pioneira do Renato Prado Guimarâs, outros escrevinhadores diplomáticos se apresentam: Christiano Whtaker


Senhores, 

Permito-me submeter a crônica que se segue, recordação de bons tempos idos.


VIETNAM -1       O SANTO GUERREIRO

Bonum certamen certavi
 
       Demorou três anos. Cheguei, fiz as visitas de praxe: autoridades, colegas. E fui já pedindo, por Nota formal: “A Embaixada do Brasil cumprimenta”, etc. e tal que todos conhecemos, e solicita que se marque uma entrevista com o Santo Guerreiro. Semana, mês, meses: eu, novato de Vietnam e de coisas asiáticas, estranhei – por quê não respondem? Na primeira ocasião que me apareceu, perguntei aos do Protocolo local, e a minha visita ao Santo Guerreiro? Ah, Embaixador, o Senhor há de comprender: ele está muito velho, adoentado, quase não recebe ninguém, quase não sai de casa.
      Tá bem, comprendo. Mas daí a poucas semanas vou ao casamento de um figurão do Partido e da Assembléia. “Le tout Vietnam” lá estava, e eu me sentia só e estranho naquele mar de nativos que me olhavam com prudente curiosidade. Diviso ao longe outro estranho e solitário, o Embaixador da Argentina, que também me vê, e corremos um em direção do outro, em busca de amparo mútuo. “Ola, que tal, que contás”? “Tudo bem contigo? Qu’é qu’cêtá fazendo aqui?” “Lo mismo que vos, pues”. E trocamos nossas impressões sobre aquele vai e vem de gente asiática, comentamos a importância que deve ter o figurão que nos convidou, equilibramos pratos e copos. E eu diviso ao longe, sorrindo e com aparência de muita saúde, o Santo Guerreiro, que acaba de dar um abraço final no figurão e se escorre pela porta de saída. Não dava para largar o prato e o copo nas mãos de meu colega, amigo e co-mercosulino, tentar varar a barreira humana dos convidados e correr atrás do Grande Soldado, que vi afastar-se de braço dado com sua esposa, tranquilo, devagar, escapar-me. Bem, pelo menos ele sim sai de casa, pensei.
    Meses depois fui à casa do Turco, excelente colega, que estava sempre explicando detalhes da história de seu país e da insuspeitada influência da Turquia na cena mundial. Foi ele que me ensinou que o  pirata conhecido como “Barba Roxa” era, na verdade, o “rais” Babrus, almirante turco, terror do Mediterrâneo, que por coincidência sim tinha uma longa barba ruiva. E ele também me ensinou que a carne em conserva chamada “bästramë”, de origem túrquica, havia emigrado para os Estados Unidos com o nome de “pastrami” – e eu que jurava que era italiana! Grande Turco! Mas não tão grande assim que merecesse aquilo que eu estava vendo em cima de uma movel de sua sala: um porta-retrato de dentro do qual me sorriam, formais, sentados juntos, ele e o Santo Guerreiro. Essa não!
Saí furioso, e expressei minha indignação a todo o Governo local, por intermédio de ácida ironia a meu chofer de então.  No dia seguinte, o chofer veio e me disse que ele próprio, que tinha parentes entre os militares – não tivesse ele mesmo sido capitão, e andado nas estrepolias do Camboja – ia ver se poderia agendar um encontro para mim. Dias, semana, duas semanas – e o meu encontro com o Santo Guerreiro?  “Sorry, Ambassador. It is winter, very cold, and he is in Ho Chi Minh City.” Verdade? Desculpa? Como saber? Pelo menos estava realmente frio aquele meu segundo inverno em Hanói, e era possível que o Santo Guerreiro de fato tivesse ido invernar no Sul, onde o clima ora é quente e úmido, ora úmido e quente.
    Deixei correr a dor-de-cotovelo e o tempo, mas todas as vezes que passava diante do casarão de grandes árvores onde vive o Santo Guerreiro, sentia a discreta pontada da frustração.
        Meses e meses – mais de ano! – depois, mencionei por acaso a meu Intérprete Khoa o objetivo ainda não atingido, sempre tão longínquo, de visitar o Santo Guerreiro, e meu língua disse que ia ver o que ele podia fazer a respeito. Expressei meu agradecimento cético e de antemão resignado, e arquivei o assunto. Um mês depois, o Intérprete me veio informar que o Santo Guerreiro estava nas montanhas, mas devia voltar dali a uns quinze dias. Agradeci, arquivei. Mais um mês, e uma tarde chega o Intérprete e me anuncia, rebrilhando de mal-disfarçado orgulho: “El General Vo Nguyen Giap lo recibirá el próximo Jueves.”
        Nunca cheguei a saber exatamente como foi que Khoa havia logrado o feito: estranha mania tem o língua de dar as mais circunloquiais explicações. Algo a ver com a cultura local. A uma pergunta símples, como “por quê não foi assinado o acordo de pesca com a Romênia?”, segue-se uma resposta que frequentemente se inicia com episódio histórico ocorrido na Dinastia Le. Quando perguntei como havia conseguido minha visita ao General, Khoa respondeu com um enigma: “En Vietnam, Embajador, cada cosa tiene su tiempo proprio…” E mais não disse. Aceitei, mas fiquei perguntando-me por quê o tempo do Turco tinha chegado antes do meu, se tínhamos apresentado credenciais no mesmo dia…
    Chegou a quinta-feira. Preparei presentes: um livro sobre o Corpo de Fuzileiros Navais e CDs de música brasileira: Nazareth, sobretudo. O General é uma pessoa fora do comum. Nunca estudou Artes Militares: é professor de História – ou de Geografia? – por formação. E pianista, de corte chopiniano; porisso a escolha de Nazareth, o Chopin  de Pindorama. Receberam-nos, a Khoa e a mim, o General e dois coronéis; um deles, do Departamento de Relações Internacionais do Exército, fluente em espanhol, intérprete para o caso de necessidade; o outro, sabe-se lá de que Departamento, presente ou em função do Embaixador de uma potência estrangeira, ou  em função do próprio General, figura por vezes grande demais e que tem de ser discretamente contido, reconduzido a sua condição de monumento vivo. Frustraram-se – acho – todos os intépretes presentes, pois o General e eu escolhemos o francês para comunicar-nos.  Trocamos amabilidades, falei-lhe sobre Nazareth, mas o soldado nele falou mais alto, e foi pelo livro sobre os Fuzileiros Navais que se interessou mais. Perguntou-me sobre o Brasil, perguntei-lhe sobre o Presidente Ho Chi Minh (“Um homem simples que estava genuinamente à vontade com qualquer pessoa, que sabia como tocar o coração de cada um”).
    Terminada a visita, veio a cerimônia das fotografias – e as que tiraram de mim em conversa com o General são bem mais vívidas que aquela dele com o Turco. Mas a melhor de todas é a do jovem chofer Lai, que durante todo o ritual das fotos, desenrolado no jardim das Grandes Árvores, manteve-se à parte, junto do meu carro, perfilado como se ele também fosse um soldado (pode ser, nunca se sabe…). O General o percebeu, chamou-o, estendeu-lhe a mão, e – clic! – lá está estampada no rosto do jovem Lai a profunda admiração de todo um país por um dos seus maiores heróis, um homem que não perdeu seu rumo.
    Nunca estudou Artes Militares, repito: e foi quem conduziu o Dragão, os milhares e milhões de dragões, que roeram Dien Bien Phu, e que foram roendo, cuspindo fogo, morrendo aos magotes, recuando, avançando, até que o último helicóptero decolou uivando de um terraço de Saigon. E ali estava ele, o Santo Guerreiro, recebendo-me na sala de seu casarão de grandes árvores, livros e mais livros nas estantes, um que outro enfeite de cativante mau-gosto. Um homem fardado, de pequena estatura, muito velho. E que transpirava serenidade, os bons combates que combateu, a marca que deixará.
.   Um santo; e quando se for, será um dos jardineiros do Jardim. Cultivará flores.

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Renato Prado Guimarâes mais uma vez: desta vez, meios para escapulir dos enfadonhos coqueteis diplomáticos...

Renato Prado Guimarães, escritor, jornalista, diplomata (nessa ordem)

 87 anos e ainda tanta coisa pra contar!

Das "Crônicas Tardias, Memórias Precoces", inéditas, um coquetel de minuto único:

Coquetel de um minuto

Tenho horror a coquetéis, principalmente os diplomáticos. Não há forma de convívio social mais artificial, afetada, incômoda, molesta, cansativa, frustrante, inútil, insalubre, malsã. Haja pejorativo para essa invenção abjeta.

O Marquês de Maricá certa vez disse que a pobreza não incita inveja; por mais que procure, acrescentava, não lhe descubro outra vantagem. Para o coquetel não encontro nem essa vantagem, pois há quem muita vez inveje, desavisado, seus não-participantes. A não ser que eu apele às botas de Brás Cubas, que se apiedava dos que nunca as calçaram apertadas, por não terem podido desfrutar do prazer sublime de tirá-las. Coitados dos que nunca foram a um coquetel, pois nunca experimentarão a alegria e o alívio de estar ausente de algum. 

Houve quem me dissesse que o problema do coquetel está no álcool que nele se tem de ingerir, e que perturba e deprime os sentidos e a disposição física e espiritual do convidado.  Não me furtei de testar a tese esdrúxula, mas só uma vez, pois de imediato me dei conta de que, se alguma coisa há pior do que coquetel com álcool, é ...coquetel sem álcool - abstêmio. 

Movido a álcool? Não exatamente. A ser moído na festa, dos pés à cabeça, de tédio e canseira, que seja moído a álcool. 

Festa é bom para quem quer ir; é um castigo para quem não quer. Já imaginaram o que seria ir a um casamento (ou mais), a uma festa de aniversário (ou duas, três), todo dia? Em muitos postos essa é a sina do diplomata com relação aos coquetéis – não por vontade própria, mas por dever de ofício. 

E estou em boa companhia, nesse sentimento anti-coquetel, que parece ser mais generalizado do que normalmente se imagina. Em artigo do “The Economist”, sobre a felicidade na juventude e na velhice, sábio professor de Psicologia na Universidade de Stanford pontifica: “Gente jovem pode ir a coquetéis porque acha que pode encontrar lá quem lhe venha a ser útil no futuro, mas eu não conheço ninguém que realmente goste de ir a um coquetel”.  

Tive um Chefe e colega, em tudo competente e inatacável, que detestava coquetéis. Acho que quase tanto quanto eu. Sabia de cor a planta dos recintos em que os coquetéis se realizavam, a fim de traçar com antecedência sua estratégia de retirada, logo depois de apresentados ao anfitrião os cumprimentos exigidos pelas normas da cortesia. No dia seguinte, à pergunta sobre como fora o coquetel da véspera, ou respondia, jovial, “Cinco minutos!”, ou, consternado, quase apologético: “Não deu pra sair logo. Você sabe, aquela Embaixada tem poucas rotas de escape, poucas saídas, tudo atravancado. Mais de meia hora...”.

Certo dia, encontrei-o numa de suas costumeiras brigas com a Secretária, tentando esquivar convite para coquetel. Muito ranzinza, mas com remorsos, nesse caso: “Eu tenho de ir às despedidas de Fulano. Ele é muito meu amigo e lhe devo algumas gentilezas importantes. Mas a coquetel nesse lugar, me prometi que nunca mais iria. Você não tem como sair. É só uma porta. O anfitrião vê quem entra e vigia quem sai!”. 

Condoído, e lembrado da geografia do tal recinto, que tivera de inspecionar numa precursora de visita presidencial, tranquilizei o Chefe, assegurando-lhe que o tiraria de lá em minutos, se fôssemos juntos. Aceitou, cético, e lá fomos, ele sempre  relutante, queixoso, resmungão. Subimos por um dos quatro elevadores que serviam o recinto da recepção. Cruzamos o hall de entrada, à tal porta indiscreta o colega se abraçou efusivamente com seu amigo anfitrião. Terminados os cumprimentos gratos e reciprocamente afetuosos, olhou de imediato para mim, cobrando já meio angustiado a promessa de subtraí-lo prontamente da festa. Peguei-o pelo braço, tropeçamos nuns garçons no caminho da copa/cozinha contígua à sala, adentramos naquelas dependências, para espanto de cozinheiros e seus auxiliares, esquivamos fogões, pilhas de pratos, copos e panelas, escorregamos alguns passos no chão engordurado, de passagem furtamos um que outro salgadinho,  mas logo rumamos, determinados, para a porta de serviço, que dava, discretamente, para o mesmo hall por onde entráramos. Encontramos um dos elevadores de portas abertas e encetamos por ele, sem pausa, a reta final, e vertical, de nossa fuga. O Chefe estava exultante, olhando para o relógio: “Um minuto! E descemos pelo mesmo elevador em que subimos!”. 

Não era o mesmo elevador, e a excursão havia durado bem uns quatro minutos mais, mas para que desmerecer seu orgulho, sua alegria espontânea e tão genuína pela glória da  precoce retirada? 

A marca de um minuto, eu a alcançaria, mas apenas anos mais tarde, tirando partido de minha experiência amadurecida e de um terreno particularmente favorável - belo casarão na Siesmayerstrasse, defronte ao Palmengarten, em Frankfurt, que se alugava para abrigar recepções. Topografia muito plana, desimpedida. Após os cumprimentos de praxe, à porta de entrada, bastava caminhar em linha reta, através de dois salões, passar por ampla porta envidraçada (na verdade, uma discreta saída de emergência, só encostada, com o trinco aberto – o pormenor decisivo), e descer os sete degraus da escadaria externa, abrindo para o jardim. Faltava só contornar a casa para de novo alcançar o portão de entrada – e a liberdade. 

Colegas convivas frequentes de coquetéis nesse lugar cobraram-me várias vezes o modus faciendi dos sumiços repentinos, deveras invejados. Nunca revelei o segredo; vai que algum deles resolvesse fazer coquetel ali e decidisse, de maldade e gozação, bloquear-me a saída, fechando a porta... Só ao deixar o posto, rumo ao Japão, confessei a estratégia a uns poucos amigos. Ficaram muito agradecidos. 

Tarde na carreira, e na vida, reinventei um sucedâneo para o malfadado coquetel. Passei a organizar, em vez dele, e com aviso prévio, reuniões no velho formato do sarau, combinando os comes e bebes com ameno convívio social e alguma forma de entretenimento: pequenas apresentações musicais, palestras ligeiras sobre temas do momento, literatura – enfim, festa, enriquecimento cultural e divulgação do Brasil.  Mandava o programa com o convite bem explicado e ia quem topasse. Não me arrependi nunca. 

Anunciar no convite o que será o evento é delicadeza esquecida, que se deveria restaurar. Por exemplo, convidar para jantar mas informar o convidado do que vai comer e beber,  para que tenha mais informação e liberdade de escolha com respeito a aceitar ou não. 

Amigos da Venezuela me deram de presente um menu, finamente decorado, que seus antepassados haviam recebido como convite da então Legação do Brasil, para um jantar a 7 de março de 1899,  e  no qual vinham todos os pratos que seriam servidos, com os respectivos acompanhamentos líquidos. Bons tempos: Potage à La Reine com Xerés;  Bouchées Duchesse e Homard sauce mayonnaise com Sauterne; Filet piqué aux champignons com Pontet Canet, etc. etc. Como bebida geral, polivalente, Veuve Clicquot.

Coquetel de festa nacional é um anátema entre os diplomatas de todo o mundo. Obrigatório, não há recursos para custeá-lo, há muita gente a convidar, o limite de número de convidados força discriminações embaraçosas. Acaba uma reunião mal-humorada, de terno escuro, geralmente só na hora do almoço e homens, uísque, vinho e refrigerantes, ambíguos salgadinhos e doces da nacionalidade festejada. Presentes, colegas diplomatas, solidários, algumas autoridades disponíveis do Governo local, os papa-festas habituais da elite autóctone, um que outro líder da comunidade brasileira, se ali existente.  Que trocam trivialidades, como em qualquer evento equivalente, esquecidos, o mais das vezes, do motivo da celebração. Uma que outra vez, Embaixador ou Cônsul mais ousado (ou inexperiente) “inova”, apresentando um artista ou conjunto musical de seu país – iniciativa em geral tida  como de gosto duvidoso, recebida pelos colegas de nariz torcido, com uma complacência mal disfarçada. 

Em Frankfurt, resolvi tentar fazer diferente. Em lugar do coquetel tradicional de 7 de setembro, uma festa cívica, de massa, da população. Todos os brasileiros convidados – e também os  alemães amigos do Brasil. Num clube local, com campo de futebol e quadras de vôlei, playground, etc. A partir das 12:00 horas. Preço simbólico de entrada. Barracas de comida e bebida típicas brasileiras, de diversas origens regionais, do churrasco gaúcho ao pato no tucupi paraense, passando pela feijoada carioca, o bobó bahiano, o tutu e a polenta de Minas, sortidos salgadinhos de toda parte. Cerveja nossa, guaraná, caipirinha! Diversos esportes, capoeira, entretenimento cívico para as crianças, dança e música ao vivo. Muita bandeira, muito verde e muito amarelo. Sorteios de passagens para o Brasil. Discurso e Hino. 

Uma certa bagunça, também,  no melhor estilo nacional.  O público dependia muito do tempo: 600, 800, até 1.300 pessoas, de acordo com o sol, ou a chuva. Meus sucessores imediatos continuaram prestigiando a festa, que era organizada pelo Centro Cultural Brasileiro em Frankfurt. Dentre os aperfeiçoamentos, logo no segundo, a novidade da presença do Coral Vozes do Brasil, de Colônia, que veio cantar para seus compatriotas de Frankfurt, e também se disputou pela primeira vez a “Copa Independência” de futebol de botão! 

Nada mais brasileiro... E cívico!

quarta-feira, 4 de junho de 2025

Renato Prado Guimarães: um jornalista na diplomacia, sempre ativo

Que sabe escrever, escreve, como um grande amigo diplomata, Renato Prado Guimarães:  


87 anos e tanta coisa ainda pra contar... 
Das "Crônicas Tardias, Memórias Precoces", a Epígrafe:

A crônica é a poesia da notícia,

a trova do evento;

a memória é o passado em conserva,

servido a gosto.


Amanhã: "Coquetel de um Minuto"

Antes, o Renato Prado Guimarães enviou isto: 

Já conto 87 anos. A proximidade do fim definitivo me angustia sobretudo pelo tanto que ainda tenho a contar, da vida pessoal e das experiências profissionais, jornalista e diplomata. Publiquei dois livros, “Crônicas do Inesperado” em 2009 (Macunaíma é venezuelano, Guimarães é nome alemão, a primeira “bush party” australiana foi regada com cachaça fluminense, etc. etc.), e “Vou-me Embora pra Colina” em 2017 (coleção de crônicas - as “Colinenses” - antes postadas na Internet sobre minha cidade natal). Mais recentemente preparei outros três volumes, todos zelosamente guardados em minha gaveta, por certo tímida, cautelosa: “Crônicas Tardias, Memórias Precoces”, “Marcha Soldado, Direita pra Dentro, Esquerda pra Fora”, e “Panamérica” (seleção de crônicas das demais edições, a ser publicada em espanhol para circulação nos vizinhos latino-americanos). A ansiedade ante a proximidade do término terminal me levou, contudo, à decisão de molestar os leitores deste site com fragmentos da “obra”, na forma de crônicas e notas isoladas. E começo com o melhor dos começos, nosso Barão, contando novidade a seu respeito com que jamais havia topado, na boca de nenhum colega ou qualquer meio impresso.
Confiram:

Minuto de silêncio 

Quem inventou o minuto de silêncio? 

A quem homenageava?

Pois não é que essa homenagem hoje universal foi criada pelo Senado de Portugal para expressar o pesar da nação portuguesa ante o falecimento de nosso Barão do Rio Branco, Patrono da diplomacia brasileira?! Rio Branco era muito querido e admirado na mãe-Pátria, e sua perda foi ali genuinamente sentida. A proposta inicial dos Senadores era de 10 minutos sem ruído; à medida em que o gesto fúnebre foi-se expandindo, contudo, sua duração foi-se também reduzindo, até chegar ao minuto único, observado no mundo todo.  

Na Wikipedia há menção a que a primazia poderia ser outra: “Um jornalista de Melbourne,  Edward George Honeyfoi  o primeiro a propor um período de silêncio pelo Dia da Memória Nacional em uma carta publicada no London Evening News em 8 de maio de 1919.” 

Erro da Wiki! Como ter precedência por carta, e meramente sugestiva, e muito posterior ao silêncio reverente dos parlamentares lusitanos? A tal carta é de 1919; Rio Branco faleceu a 10 de fevereiro de 1912.  

          E por que não incluir o minuto mudo no cerimonial da celebração de seu aniversário no Palácio Itamaraty, em Brasília? Até mesmo, quem sabe, fazer com que naquele dia seja observado em todas as nossas repartições no exterior - Embaixadas, Consulados, Delegações ante órgãos internacionais? 

É bem verdade que momentos de silêncio podem igualmente ensejar ruído e sentimentos opostos. A Wikipedia escolhe para ilustrar o ponto um exemplo bem brasileiro: 

Jogo Ceará x Fortaleza, em 1984. Antes do jogo, um minuto de silêncio pela morte da mãe do juiz. Aos 5 minutos, o juiz anula um gol do Ceará. E a torcida começa a gritar: 

“Órfão da p...!”. “Órfão da p...!”


Depois vai ter mais..

terça-feira, 3 de junho de 2025

O Massacre da Praça da Paz Celestial em 1989 - Paulo Roberto de Almeida

O Massacre da Praça da Paz Celestial em 1989

Paulo Roberto de Almeida

        Em 4 de junho de 1989, eu me encontrava em Washington, para uma conferência diplomática internacional da OMPI, sobre circuitos integrados (não serviu para nada). Mas segui as manifestações, nos dias anteriores, pela CNN, que transmitia tudo diretamente. No próprio dia, deu blecaute total, e a famosa foto do chinês carregando uma sacola de compras e barrando uma coluna de quatro tanques, só vim a conhecer algum tempo depois.
        Onze anos depois, eu me encontrava na China, trabalhando a serviço da diplomacia brasileira, e realmente tinha acesso aos canais estrangeiros (CNN, BBC, Deutsche Welle, France 24 etc.), mas não acesso às redes de comunicação social (desde o Google e todos os demais), e tive de assinar um VPN (50 dólares anuais) para acessar meu. próprio blog e outros canais simplesmente vetados na China.
        Os canais estrangeiros funcionavam sob estreito controle dos batalhões (milhares deles) de censores: podíamos ter as notícias normais, sobre temas correntes de cada rede estrangeira, inclusive sobre a China, mas quaisquer menções a Tibete, Xinjiang, manifestações contra o governo, direitos humanos na China (até sobre a Primavera Árabe, em pleno curso então) eram imediatamente barradas na TV: um painel preto, nas línguas desses canais (francês, inglês, alemão, japonês etc), tentava enganar a audiência mencionando um problema técnico temporário. Durava o tempo da notícia que os censores consideravam negativa ao poder do PCC, depois voltava ao normal, geralmente os poucos minutos da notícia. Quando se tratava de uma matéria mais extensa, os censores tentavam enganar mais ainda, colocando no lugar uma matéria daquele próprio canal, sobre turismo, por exemplo, enquanto durasse a matéria.
        A censura era tão extensa e atenta que, em jogos de futebol em países estrangeiros, quando aparecia algum cartaz grande no alambrado, que os militantes democráticos pudessem colocar, tipo "Free Tibet" por exemplo, a transmissão do jogo também era interrompida, e no seu lugar entrava qualquer outro jogo.
        Quando a CNN fez uma emissão especial dos seus 30 anos em funcionamento, justamente em 2010, eu também me encontrava na China: a CNN fez uma síntese de suas grandes matérias no período – guerra do Golfo, desastres naturais etc. –, mas ao chegar nos eventos de 4 de junho de 1989, novo blecaute total, e substituição ridícula por outras matérias "inocentes" da própria CNN.
        A China um dia será livre e democrática, e esses eventos serão recuperados para a história, assim como a Alemanha unificada recuperou a memória do período totalitário da RDA e da URSS.
        Vai demorar, mas virá um dia...

Paulo Roberto de Almeida
Brasília, 3/06/2025 (já é 4 de junho na China)

Meu Reino por uma Máquina de Escrever antiga (não elétrica) - Paulo Roberto de Almeida e CGPH-MRE

 Meu Reino por uma Máquina de Escrever antiga (não elétrica)

Acreditem os mais jovens: eu já escrevi metade de minha produção em máquinas de escrever manuais; já minha tese de doutoramento foi escrita numa IBM elétrica, aquelas de bolinha; comprá-la, no meu primeiro posto na Suíça, me custou o preço de um Fusca usado no Brasil.
Bem, mas não é por isto que escrevo aqui. Quero pedir, solicitar, suplicar que alguma alma caridosa desta capital federal no cerrado central que possua uma máquina de escrever e que queira ceder para uma boa causa – o Museu das Antiguidades (ops, Memorial das Comunicações) do MRE – que está organizando as ferramentas vetustas que usávamos no Itamaraty nos tempos de Matusalém. Eu nunca trabalhei em criptografia, mas já decifrei telegramas confidenciais naquelas velhas fitas perfuradas que depois transitavam pelo telex (tem gente que nunca viu um).
Que puder ceder aqui em Brasília, me contate que eu busco em qualquer lugar acessível a carro ou burro...
Abaixo a comunicação suplicante:

"Caros colegas,
A Coordenação-Geral de Patrimônio Histórico (CGPH) está reorganizando partes do Memorial das Comunicações do Itamaraty (https://www.gov.br/mre/pt-br/assuntos/palacio-itamaraty/patrimonio-historico/memorial-das-comunicacoes), localizado no térreo do anexo I. Planejamos incluir, em breve, algumas atividades interativas, como jogos de cifração e decifração de mensagens e conteúdo audiovisual a ser acessado em um antigo computador.

Gostaríamos, se possível, de também oferecer aos nossos visitantes acesso a uma máquina de escrever, já que os visitantes mais jovens nunca tiveram a oportunidade de utilizar o equipamento. As que temos em exibição não estão em condições de uso para esse fim. Já vasculhamos o Ministério e não achamos nenhuma extra - devem ter sido descartadas há tempos. Apelo, assim, para este nosso grupo.

Caso algum de vocês tenha uma máquina em estado razoável que desejasse ceder ao Memorial, peço a gentileza de me contatar, por este email ou em elisa.breternitz@itamaraty.gov.br ou patrimoniohistorico@itamaraty.gov.br. O ideal seria que a máquina estivesse em Brasília e fosse mecânica, não elétrica (o espaço disponível está longe de uma tomada).

Aproveito para reiterar que a CGPH está à disposição de todos os colegas que queiram compartilhar conosco histórias, documentos, fotografias ou objetos que envolvam algum aspecto relativo ao setor de comunicações no MRE. Aos que ainda não tiveram a oportunidade de visitar a mostra, reforço o convite e informo que, em julho, o Memorial deverá ser aberto ao público externo, com visitas mediadas gratuitas e programação especial para o público infanto-juvenil durante as férias.

Desde já, muito obrigada."

Russia’s Defense Collapse Exposed by Ukraine Strike - Jaison Jay Smart interviews Chuck Pfarrer (Kyiv Post)

O conoisseur americano, nesta vídeo-entrevista, um ex-militar extremamente competente em suas "artes", termina seu último comentário sobre as "próximas ofensivas" russas contra as forças ucranianas concedendo, com um sorriso nos lábios, um "good luck Mister Putin, sabendo que o tirano de Moscou vai sacrificar mais alguns milhares de soldados nas linhas de frente sem atingir qualquer objetivo estratégico em sua insana guerra de agressão contra a Ucrânia. Recomendo visualização completa. PRA

Russia’s Defense Collapse Exposed by Ukraine Strike

Jaison Jay Smart interviews Chuck Pfarrer (Kyiv Post, June 3, 2025)
https://www.youtube.com/watch?v=eqOHb3Dwrdo

In this explosive Kyiv Post interview, Jason Jay Smart and former Navy SEAL Chuck Pfarrer break down Ukraine’s largest drone strike of the war—crippling Russia’s strategic airpower in a single night and signaling a dramatic shift in the Ukraine-Russia war.

Ukraine’s deep strike drone operation targeted five Russian airbases, including Siberian and central facilities. The attack destroyed over 40 Russian bombers, including Tu-95 and Tu-22M3 nuclear-capable aircraft, and even eliminated A-50 radar planes—vital to Russia’s early warning and air command capabilities.

This unprecedented Ukrainian drone strike exposes critical weaknesses in Russian air defense and suggests that Russia’s military collapse is accelerating faster than anticipated. The destruction of Russia’s strategic bomber fleet not only undermines its long-range nuclear deterrence but also sends shockwaves through the Kremlin’s military planning.

Jason Jay Smart and Chuck Pfarrer explain how Ukraine’s military strategy, leveraging long-range drone warfare and advanced intelligence, has changed the nature of modern warfare—and why Russia’s air force disaster could mark the beginning of a broader unraveling of Putin’s war machine.

This is more than a battlefield success. It’s a clear sign of Ukraine’s growing dominance in asymmetric warfare and Russia’s declining ability to project power.

Connect with Chuck Pfarrer:

X: https://x.com/ChuckPfarrer 


segunda-feira, 2 de junho de 2025

Comemoração aos 200 anos da Confederação do Equador - Senado Federal


 A Comissão Temporária Interna em Comemoração aos 200 anos da Confederação do Equador encaminha a programação das atividades que marcam o encerramento de seus trabalhos.

Programação:
1º de julho de 2025

14h
Local: Salão Negro do Palácio do Congresso Nacional

Ato formal de abertura da exposição iconográfica e lançamento da coleção de publicações sobre a temática dos 200 anos da Confederação do Equador.

15h
Local: Plenário 19 da Ala Alexandre Costa (Senado Federal)

Seminário “Outras terras, outras gentes”, com os convidados:
Dr. André Heráclio do Rêgo
Dr. George Felix Cabral de Souza
Dr. Josemir Camilo de Melo
Dr. Júlio Lima Verde Campos de Oliveira

16h
Local: Plenário 19 da Ala Alexandre Costa (Senado Federal)

Lançamento da produção “Outras terras, outras gentes”, segunda parte do documentário “Uma outra independência”, criação da TV Senado para a Comissão Temporária Interna em Comemoração aos 200 anos da Confederação do Equador.
Documentário disponível a partir de 1º/7/2025 no canal da TV Senado: senado.leg.br/tv

Local: Plenário 19 da Ala Alexandre Costa (Senado Federal)

7 de julho de 2025

10h
Local: Plenário do Senado Federal

Sessão especial para a entrega de certificados de reconhecimento a instituições, autoridades e pesquisadores que se destacam na difusão do conhecimento a respeito da Confederação do Equador e contribuíram de forma significativa na condução dos trabalhos da Comissão.

Postagem em destaque

Gilles Kepel: Le Sud Global est une grande imposture idéologique et une aberration geopolitique - Alexandre Devecchio, Martin Bernier (Politica.com)

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