terça-feira, 21 de julho de 2026

A Geopolítica sendo empurrada a frio nas costas da Rússia por Beijing

 Nota inicial PRA: dificuldades para identificar o exato autor do longo texto abaixo, recuperado numa das inúmeras listas sobre a Ucrânia que sigo em diversos paises, sobretudo França e Estados Unidos.

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Quand la Moscovie appelle discrètement l’Europe à l’aide pour ne pas sombrer entièrement sous l’emprise de la Chine

Jean Dekkers:

Quatre scénarios pour la suite du règne de Poutine :

1. La Russie conserve son autonomie économique et devient une sorte d'Iran du Nord, mais figé dans le passé.

2. Elle perd son autonomie économique et devient un satellite de Pékin.

3. Le régime commet une erreur fatale qui déclenche une révolution.

4. Après la mort de Poutine, la situation de 1953 se reproduit et, comme après Staline, ses successeurs adoptent une ligne plus modérée.

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Hana Gauer

Avis aux amateurs de formats courts : passez votre chemin. Voici mon 1601e texte totalement inadapté à la génération TikTok. 

Je n'ai toujours pas acquis le super-pouvoir de contracter des basculements géopolitiques d'empires en trois lignes. Ici, il faudra savoir lire. (Et pour les impatients, vous pouvez toujours demander à Gemini de vous le résumer !)  


A : Le dernier message de la Chine à la Russie


Pour décrire la relation entre la Chine et la Russie, Alexander Gabuev (Carnegie) a utilisé une bonne formule : « laisser mariner ». Chaque mois qui passe réduit les alternatives de la Russie et augmente le pouvoir de négociation chinois.


Sur le gazoduc Power of Siberia 2, les informations du Wall Street Journal sont très fortes. 

Pékin ne dit pas « non », il dit mieux. Les responsables chinois auraient, selon les journalistes du WSJ, demandé aux Russes de "ne plus revenir sur le dossier"  tant que Moscou n'accepte pas leurs nouvelles conditions. Exiger un prix proche du tarif intérieur russe (environ 50 dollars pour 1 000 m³) revient pratiquement à demander à la Russie de subventionner ses exportations vers la Chine ! C'est une démonstration de rapport de force pure et simple.


Mais ce n'est pas tout.


La Chine durcit également les restrictions sur la vente de certaines technologies sensibles liées au secteur maritime et arctique. 

Dans le même temps, Gazprom et Rosneft manquent d'argent, de capacités industrielles et de technologies. Tout cela est essentiel pour l'avenir du pays, car une grande partie de son potentiel repose sur l'exploitation des richesses de l'Arctique et de son sous-sol.


La liste des difficultés devient en ce moment impressionnante !


Gazprom a enregistré des pertes records. L'agence Interfax a révélé le report de plusieurs grands projets d'exploration et d'infrastructures offshore dans l'Arctique russe : en mer de Kara sur les blocs Obsky, Rusanov et Nyameysky, ainsi qu'en mer de Barents sur les sites de Medvezhye et Fersmanovsky.


La compagnie d'État ne dispose plus des moyens financiers nécessaires pour développer ces gisements et doit rééchelonner ses projets. Les recettes provenant de la Chine ne compensent ni les volumes ni les marges perdus en Europe. Les infrastructures d'extraction en eaux profondes de l'Arctique sont devenues, au moins temporairement, hors de portée financière sans les technologies et les capitaux occidentaux.


Pour Rosneft, le projet Vostok Oil n'est pas abandonné, mais fortement ralenti.

 Le principal goulot d'étranglement reste la logistique arctique : pétroliers brise-glace, chantiers navals privés de composants sous sanctions et absence d'accès aux technologies occidentales.


Et sur ce sujet, que répond l'ami chinois au Kremlin ?

Niet.


The Moscow Times résume parfaitement la situation : La Chine attend que la situation économique de la Russie se détériore encore, qu'elle soit véritablement à genoux, avant de signer des accords aux conditions favorables à la Chine. 


Pourtant, la Chine est très intéressée par la Route maritime du Nord ?  Elle l'a intégrée à son initiative de la « Route de la soie polaire » et investit depuis plusieurs années dans Yamal LNG et Arctic LNG 2. Réduire le temps de transport vers l'Europe et sécuriser une voie moins exposée que le détroit de Malacca reste un objectif stratégique.


Alors pourquoi n'aide-t-elle pas davantage ?


Par crainte des sanctions secondaires, bien sûr, mais pas seulement. 

Elle n'est visiblement surtout pas prête à financer n'importe quel projet russe.

Et, surtout les intérêts des deux pays convergent, mais ils ne sont pas identiques. La Russie considère la Route maritime du Nord comme une voie nationale placée sous son contrôle exclusif. La Chine préférerait qu'elle fonctionne comme une grande route maritime internationale, avec beaucoup moins de contraintes imposées par Moscou.


Je pense que Pékin raisonne ainsi :


« Nous voulons utiliser cette route, mais pourquoi dépenser aujourd'hui des milliards pour sauver Gazprom ou Rosneft, alors que la Russie sera peut-être obligée demain de nous ouvrir davantage l'accès à ses ports, à ses infrastructures ou à ses ressources ? »


Si l'on met bout à bout le blocage du gazoduc, les négociations commerciales en arrêt, les difficultés de Rosneft et de Gazprom, ainsi que l'attitude prudente de nombreuses entreprises chinoises, une hypothèse prend forme : Pékin sait que le temps travaille pour elle.


Elle calibre donc son soutien dans une seule direction : une coopération militaire étroitement contrôlée. 


Une défaite politique de Poutine ou une Russie affaiblie et dépendante servent probablement les intérêts de Xi Jinping... Mais, jusqu'à un certain point.


La limite : Pékin partage plus de 4 000 kilomètres de frontière avec la Russie. Elle ne souhaite pas une crise politique trop profonde. Pire encore, un éclatement de la Fédération de Russie créerait une incertitude géopolitique majeure sur sa frontière nord.

Elle fait donc le minimum nécessaire...pour elle.


B : Un message russe à l'Europe


C'est dans ce contexte que je relis un article récent que j'avais gardé sous le coude et qui a fait couler beaucoup d'encre dans les milieux russophones. ( Voir la couv.)


Il s'agit de la longue interview d'Andreï Melnitchenko dans The Economist. Un oligarque dont les entreprises, comme sa liberté personnelle, dépendent directement de l'État russe.

 Il est donc peu probable qu'il ait entrepris seul une intervention politique aussi spectaculaire. 


Notons également que cette interview a été publiée juste AVANT les dernières annonces marquant le durcissement de la position chinoise face aux demandes russes. Un timing intéressant.


Je vais faire court sur le long baratin « autorisé » par le Kremlin. 

Melnitchenko explique que la Russie agresse ses voisins parce qu'elle ne se sent pas suffisamment respectée, et on dirait que l'Ukraine n'est finalement qu'un « incident technique ».

 Il ajoute le chantage habituel au chaos : sans Poutine, ce serait l'apocalypse. Ensuite, il prépare déjà le blanchiment politique de son milieu pour l'après-guerre : « Nous n'avons rien décidé. Nous avons été contraints. Nous pouvons être utiles à la reconstruction d'une Russie raisonnable. »


Ce qu'il ne dit pas est tout aussi intéressant.

 Il ne demande évidemment pas le départ de Poutine,  Andreï n'est pas suicidaire.

 Il ne reconnaît jamais clairement la responsabilité russe dans l'invasion. C'est un vieux réflexe de la culture politique russe : se présenter comme la victime résiliente de toutes les crises qu'elle provoque elle-même. 

Il ne propose ni démocratisation, ni restitution des territoires ukrainiens, ni justice pour les crimes de guerre. Bref, Moscou n'est pas coupable. Le jour J, on trouvera quelques lampistes pour porter le chapeau...


Alors pourquoi remplit-il les pages de The Economist au nom de la haute bourgeoisie russe ?


 Parce qu'il doit visiblement nous faire passer ce message :

« Nous pouvons arrêter cette guerre... mais il faut intégrer Moscou dans le futur système de sécurité européen. » WTF ? On a presque envie de lui répondre : « Tu veux qu'on échange nos missiles, sérieux ? »


En réalité, la partie essentielle de l'interview suit tout de suite après et c'est plus clair :

« Ouvrez-nous une porte avant que nous ne soyons complètement absorbés par la Chine. » !!!


J'ai déjà écrit que les industriels, les hauts fonctionnaires et les grandes fortunes russes sont tous montés dans le train conduit par Poutine. Ils ont aidé à construire la voie, ont payé le carburant et ont largement profité du voyage. Ils découvrent maintenant que le conducteur refuse de freiner, qu'il roule droit vers Pékin, que les sorties sont condamnées, que le train devient franchement inconfortable... et que, pendant ce temps-là, on leur vide leurs valises Vuitton. Aujourd'hui, il ne reste pratiquement qu'une seule façon de quitter le train : passer par la fenêtre à 300 km/h.


Mais cette élite économique et technocratique ne veut toujours pas, ou ne peut plus, faire dérailler le train.


 Elle cherche simplement à convaincre l'Occident de lui aménager une voie de garage où elle pourrait conserver sa fortune.  


Ces gens n'ont ni le pouvoir de négocier, ni le courage de renverser Poutine dans son bunker gardé par les siloviki. Ils ont seulement peur de la direction prise.

 Ils ont probablement compris que la Chine utilise la guerre menée par la Russie et son industrie militaire comme un immense laboratoire pour préparer ses propres conflits potentiels, notamment autour de Taïwan. En revanche, Pékin n'est absolument pas là pour reboucher les trous de l'économie civile russe.

 Au contraire, elle profitera de chaque faiblesse pour renforcer sa position dominante.


Je vais aller plus loin en risquant une hypothèse. Le rôle idéal de la Russie, vu de Pékin, pourrait finalement être assez simple : la Russie et la Corée du Nord entretiennent la tension, la Chine tient le magasin ouvert.


Je m'explique. La Russie maintient une insécurité permanente en Europe dans la zone grise et fixe ainsi une partie des ressources occidentales sur le flanc est. La Corée du Nord joue le même rôle en Asie du Nord-Est. Pendant ce temps, la Chine bénéficie d'un environnement où les États-Unis dispersent leurs moyens entre plusieurs foyers de crise. Et elle continue à commercer avec une grande partie du monde grâce à sa puissance industrielle, qu'elle se garde bien de partager.


Le messager de Moscou joue donc sa dernière carte sous forme de menace :

« Si vous ne trouvez pas un accord avec nous, vous aurez demain face à vous un bloc stratégique Russie-Chine beaucoup plus dangereux. »


Il dit de facto à l'Europe : « Ne nous poussez pas davantage vers la Chine. »

 Mais ce texte s'adressait peut-être aussi un peu à Pékin : « Regardez, nous avons encore une autre option. » Ce à quoi la Chine a répondu, quelques jours plus tard : « Eh bien.Non. »


Oui, nous le savons, une Russie entièrement dépendante de la Chine n'est pas dans l'intérêt européen. Elle créerait un bloc eurasiatique dans lequel Pékin disposerait durablement des ressources russes ( énergie, minerais, espace, technologies militaires ) sans avoir eu besoin de les conquérir. Et ces ressources contribuent à maintenir le coût de son appareil industriel à un niveau qui rendrait la concurrence européenne encore plus difficile.


Le problème est que les paroles de Melnitchenko et de ses semblables regardent vers l'Europe, tandis que les structures profondes de la Russie continuent de basculer vers la Chine.


Et la Chine, en quelques jours, répond à son « ami éternel » : non au gaz acheté au prix du marché ; non aux technologies stratégiques dont la Russie a besoin pour relancer son économie arctique. Oui, peut-être... mais plus tard, et uniquement à ses propres conditions. Xi Jinping sait que la Russie n'a pratiquement plus d'alternative crédible, car l'Europe ne peut plus revenir au "business as usual" . 

En revanche, Pékin accepte volontiers une coopération toujours plus étroite sur le plan militaire.


C : Que devons-nous faire ?


Il est impossible de faire confiance à la Russie actuelle. Les « élites russes » demandent à l'Europe de leur ouvrir une porte... sans pour autant remettre en cause les choix qui les ont conduites dans cette dépendance envers la Chine. 

C'est une demande de restauration de la confiance sans la moindre contrepartie, alors même que la coopération militaire entre Pékin et Moscou continue de s'approfondir.


Si l'on prend le texte de Melnitchenko au pied de la lettre, il demande à l'Europe de refaire, sous une autre forme, ce que l'Ostpolitik allemande et la politique d'interdépendance économique ont tenté pendant des décennies : développer les échanges, bâtir une sécurité commune et postuler que "le commerce réduit les risques de guerre" . Or, c'est précisément ce modèle que Moscou a méthodiquement détruit.


Pour l'Europe, un rééquilibrage ne sera pas simple, mais il ne sera pas impossible pour toujours. 


Une dépendance géopolitique n'est pas une annexion. La Russie conservera son élite, son arsenal nucléaire, ses ressources et une profonde méfiance historique envers la Chine. Un futur pouvoir russe ( un jour, qui sait?)  pourrait donc chercher à retrouver une marge de manœuvre vis-à-vis de l'Europe. Mais également , plus l'intégration économique, technologique et militaire avec Pékin progressera, plus le coût d'une telle réorientation augmentera. Et les Russes le savent pertinemment.


Le véritable problème pour les Européens est ailleurs : il s'appelle la confiance.


Un changement de dirigeant ne suffira pas à débarrasser la Russie de son impérialisme. Je le répète encore, celui-ci ne repose pas uniquement sur Poutine. Il est inscrit dans la structure même de l'État, dans le récit national, dans l'éducation, dans le rapport historique aux peuples voisins et dans cette idée profondément ancrée que la sécurité de la Russie exige la faiblesse ou la subordination de ses périphéries.


Pour sortir de cette logique, il faudrait probablement une défaite clairement comprise comme telle, une perte durable de la capacité d'imposer sa volonté à ses voisins, une transformation profonde des institutions et l'émergence d'un nouveau récit national.

Rien de tout cela ne peut être rapide.

 L'Allemagne et le Japon n'ont changé qu'après une rupture totale : une défaite militaire écrasante, une forte contrainte extérieure et une reconstruction politique en profondeur. La Russie pourrait peut-être évoluer autrement, mais certainement pas grâce à une simple dépoutinisation cosmétique. Nous étions naïfs en 1991, j'espère que nous le sommes moins après la guerre dévastatrice en Ukraine.


C'est pourquoi je crois que l'Europe ne devrait pas construire sa stratégie autour de l'espoir de récupérer la Russie à court terme. Elle doit D'ABORD bâtir une position de force qui permettra, peut-être un jour, d'amorcer une autre relation avec une nouvelle génération de ce pays.


Et je vais essayer de montrer dans mon prochain texte qu'il me semble parfaitement possible de contenir la Russie à nos frontières, même si cela nous conduit probablement vers une décennie de confrontation en zone grise.

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